Mea culpa de Bahati Lukwebo : des excuses qui peinent à calmer la fronde au Sénat

Fragilisé par une fronde interne et contesté par plusieurs sénateurs, le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, tente d’éteindre la polémique née de ses récentes déclarations. Dans un message adressé à ses collègues, il présente ses excuses et réaffirme sa loyauté au président Félix Tshisekedi. Mais au Sénat, la contestation ne faiblit pas et une pétition circule déjà pour exiger son départ.

Par Medina

Au Sénat, la rentrée parlementaire s’annonce comme un véritable procès politique. Conspué par une partie de ses collègues et fragilisé dans son fauteuil, Modeste Bahati Lukwebo a posé un geste rarissime dans l’arène politique congolaise : présenter publiquement ses excuses devant ses pairs.

« Je présente mes excuses et réaffirme ma loyauté au Chef de l’État, Son Excellence Félix Tshisekedi, ainsi que mon engagement au sein de l’Union sacrée de la Nation », a-t-il écrit dans une communication adressée aux sénateurs.

Dans ce message, le deuxième vice-président du Sénat dit vouloir rectifier les interprétations faites de sa conférence de presse du 4 mars 2026. Il dénonce ce qu’il qualifie de « cabale » autour de l’acquisition de la succursale Bralima de Bukavu par le groupe Heineken.

Le professeur Bahati affirme également soutenir les initiatives diplomatiques en faveur de la paix, notamment l’accord de Washington, et appelle au respect de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui plaide pour un cessez-le-feu et met en garde contre tout risque de balkanisation de la RDC.

S’agissant de la Constitution, il soutient que ses propos — « changer de mentalités avant de changer les textes » — ont été sortis de leur contexte. Selon lui, il n’a jamais exprimé d’opposition à une éventuelle révision constitutionnelle, mais a simplement suggéré que le débat soit mené au sein de l’Union sacrée.

Dans son message, il présente ses excuses pour toute incompréhension et réaffirme sa loyauté totale envers le président Félix Tshisekedi, ainsi que son engagement au sein de la majorité présidentielle.

Malgré cette tentative d’apaisement, la contestation ne faiblit pas. Les frondeurs, menés par le sénateur Dany Kabongo, maintiennent la pression. Selon plusieurs sources au Sénat, plus de trente signatures auraient déjà été récoltées dans le cadre d’une pétition visant à obtenir le départ de Bahati Lukwebo.

Fait notable, son propre regroupement politique, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), s’est désolidarisé de ses déclarations personnelles sur les réformes constitutionnelles. Le groupe lui demande désormais de tirer « toutes les conséquences politiques » de cette affaire.

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