Meurtre du militant Manassé Lomboto de la C-64 : quand la lutte pour la démocratie se paie au prix du sang

Meurtre du militant Manassé Lomboto de la C-64 : quand la lutte pour la démocratie se paie au prix du sang

Manassé Lomboto Bomengola, garde rapproché de Prince Epenge, est décédé au lendemain de la marche de la C-64 du 15 septembre à Kinshasa. Selon l’opposition, ce militant de l’ADD Congo et membre de cette coalition a succombé des suites de ses blessures encaissées lors des altercations entre opposants et partisans du régime, venus réprimer la manifestation. Hormis ce décès, la Dynamique de lutte contre le trafic humain (DCTH) fait état de 49 blessés graves et exige une enquête pour éclairer les circonstances exactes de ces incidents, établir les responsabilités et poursuivre les coupables.

Par Charles Muhindo

La C-64 charge les membres présumés des Forces du progrès des actes de violence et d’agression de plusieurs manifestants. À l’en croire, Manassé Lomboto a été tabassé par les Forces du progrès, une base militante de l’UDPS, parti au pouvoir, avant de perdre la vie. Toutefois, ces accusations restent à vérifier. Dans ce contexte, une enquête indépendante s’avère nécessaire pour éclairer la lanterne sur les événements du 15 septembre.

La marche du 15 septembre avait pourtant été autorisée par les autorités. Les organisateurs avaient appelé leurs militants à manifester contre le projet de changement de la Constitution. Une démarche légitime pour protéger les acquis démocratiques dans le pays. Alors que la Police nationale congolaise encadrait les manifestants dès le début de la marche, les échauffourées ont été inévitables sur la 10e rue Limete, siège

Le décès de Manassé Lomboto rappelle tristement celui de Rossy Mukendi, tué par balle en février 2018 lors d’une manifestation à Kinshasa vers la fin du règne de Joseph Kabila. Quelques semaines plus tôt, Thérèse Kapangala avait également été lâchement abattue lors d’une marche organisée par l’Église catholique sous l’ancien régime, où les manifestations de l’opposition et des mouvements citoyens étaient alors régulièrement dispersées et plusieurs Congolais avaient perdu la vie.

Félix Tshisekedi a succédé à Joseph Kabila après la première alternance politique entre deux présidents issus de formations différentes depuis l’indépendance. Cependant, les figures changent, mais les habitudes se perpétuent. En septembre 2026, plus de huit ans après le départ de Kabila, un militant meurt après une manifestation politique pourtant autorisée et encadrée par la police à Kinshasa.

Le décès de Manassé Lomboto est quasi indissociable du parcours de l’UDPS. Le parti de Félix Tshisekedi a passé plusieurs décennies dans l’opposition sous Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila. Ses militants ont eux-mêmes participé à de nombreuses manifestations pour réclamer la démocratie, les libertés publiques et le respect de la Constitution. Aujourd’hui, alors que l’UDPS dirige le pays, l’opposition affirme avoir été attaquée par des membres présumés des Forces du progrès, une structure affiliée au parti au pouvoir.

Mais alors, combien de Congolais devront-ils encore mourir pendant des manifestations pour réclamer la démocratie dans le pays ? Depuis Mobutu, en passant par les années de Joseph Kabila, les noms des victimes se sont accumulés : Rossy Mukendi, Thérèse Kapangala et maintenant Manassé Lomboto. Les régimes ont changé, les dirigeants aussi. Mais des Congolais continuent de perdre la vie quand ils descendent dans la rue pour une raison aussi noble : la lutte pour la démocratie et l’État de droit.

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