La mission conjointe chargée de vérifier le respect du cessez-le-feu à Minembwe devait permettre de voir plus clair dans les combats qui opposent les forces gouvernementales et les rebelles de l’AFC-M23. Annoncée comme l’un des principaux résultats des discussions de Doha, elle devait surtout permettre de constater les faits sur le terrain et de déterminer les éventuelles violations du cessez-le-feu. Mais quelques jours après son passage, les combats se sont poursuivis sur plusieurs fronts dans le Nord et le Sud-Kivu. Ce qui était présenté comme une avancée importante du processus de paix donne donc déjà l’impression d’être un mort-né.
Par Charles Muhindo
La première mission de vérification s’est rendue à Minembwe le 24 août. Elle devait recueillir des éléments sur la situation sécuritaire et vérifier les engagements pris par les deux parties. L’objectif était également de disposer d’informations précises en cas de nouveaux affrontements, afin d’éviter que chaque camp ne se contente d’accuser l’autre d’avoir violé le cessez-le-feu.
Depuis, pourtant, les armes continuent de parler. Dans le territoire de Fizi, les FARDC affirment avoir repoussé les forces de la coalition M23-Twirwaneho-Red-Tabara dans plusieurs zones. L’armée dément notamment la prise de Mulima et affirme avoir repris le contrôle de la colline de Madjaga ainsi que du village de Nyamuguma. Des combats continuent cependant d’être signalés dans cette partie du Sud-Kivu.
Au Nord-Kivu, la situation est également tendue dans les territoires de Masisi et de Walikale. Des avancées du M23 ont notamment été signalées vers Kibundi, Mwima ainsi que sur l’axe Pinga-Kalembe. La poursuite de ces affrontements montre que, malgré les engagements pris dans le cadre du processus de Doha, les deux parties peinent à les faire respecter sur le terrain.
La question se pose dès lors de savoir quelle portée concrète aura eu la mission de vérification menée à Minembwe. Si son objectif était de recueillir des informations sur les éventuelles violations du cessez-le-feu, celles-ci doivent désormais pouvoir déboucher sur des actions concrètes. Il s’agit notamment d’identifier les violations constatées, d’en établir les responsabilités et surtout de prendre des mesures susceptibles d’empêcher la reprise des hostilités.
C’est précisément l’une des principales difficultés du processus de Doha. Une mission de vérification ne peut, à elle seule, mettre fin à une guerre. Mais lorsque les engagements pris ne sont pas respectés et qu’aucune mesure concrète ne semble suivre les violations constatées, le mécanisme risque de perdre rapidement sa crédibilité auprès des populations qui attendent une cessation effective des hostilités.
Pour l’instant, la poursuite des combats dans plusieurs zones du Nord et du Sud-Kivu contraste avec les espoirs suscités par cette mission auprès de la population congolaise. Présentée comme une avancée majeure du processus de paix, la vérification du cessez-le-feu devra désormais démontrer sa capacité à produire des résultats concrets sur le terrain. À défaut, elle risque de rejoindre la longue liste des initiatives de paix qui ont suscité de l’espoir sans parvenir à mettre durablement fin aux violences.













