Par Patient MBY
Alors que la République démocratique du Congo s’attend à la signature d’un accord stratégique historique avec les États-Unis d’Amérique sur l’accès unique aux ressources minières en échange de la sécurité, l’administration Trump est accusée d’opacité et de manque de consultation dans ce processus.
Dans une lettre datée du 11 août adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio, 52 membres démocrates du Congrès américain, parmi lesquels un membre du sous-comité de commerce des voies et moyens, dénoncent le manque de transparence sur cet éventuel accord de grande envergure. Ils reprochent à la Maison Blanche de ne pas partager les informations essentielles avec le Congrès et le public sur les négociations avec Kinshasa.
« Nous comprenons que les États-Unis négocient un accord sur les minéraux essentiels avec la RDC. Votre administration, cependant, n’a pas consulté le Congrès ni partagé d’informations significatives avec le public. Nous sommes profondément préoccupés par ce manque de transparence, surtout au regard de la situation désastreuse en matière de sécurité, de droits humains, de travail et d’environnement associée à l’extraction minière en RDC », ont-ils déclaré dans ce document parvenu à REPORTER.CD.
Pour le Congrès américain, ce futur partenariat entre Kinshasa et Washington ne serait pas opportun, vu la situation sécuritaire dégradante que traverse la République démocratique du Congo, où de grands pans de son territoire national restent sous l’emprise des rebelles du M23. Par ailleurs, il déplore les conditions des populations vivant dans les zones minières congolaises.
D’après les parlementaires américains, les populations habitant dans des régions minières sont les plus vulnérables, exposées aux pollutions de l’eau et de l’environnement exacerbées par les produits chimiques nocifs issus de l’exploitation minière artisanale, ce qui impacte négativement la production agricole locale et constitue un frein pour le développement de la RDC. Ils indiquent que l’exploitation minière au Congo est « la plus dangereuse au monde », impliquant des travaux forcés, le travail des enfants, des déplacements massifs de populations, des violences sexuelles et une pollution à grande échelle.
Ils craignent par ailleurs un conflit d’intérêts entre les États-Unis et Gentry Beach, un proche du président Donald Trump, engagé dans les pourparlers pour obtenir les droits sur la mine de Rubaya, une cité riche en minéraux rares.
La République démocratique du Congo, qui possède des minerais rares dont le cobalt, le coltan et le lithium, très recherchés dans la fabrication des voitures électriques, souhaitait nouer cet accord gagnant-gagnant afin d’attirer les investisseurs américains et de stimuler le développement local. Les élus américains exigent de l’administration Trump la mise en place d’un processus transparent et participatif dans les négociations entre Kinshasa et Washington.













