RDC : Le CES salue les efforts du Gouvernement et de la BCC pour la stabilité économique et appelle à des réformes structurelles

Par Siméon Isako

Le Conseil Économique et Social (CES) de la République Démocratique du Congo a ouvert ce mercredi sa dernière session ordinaire de l’année au siège de l’institution à Kinshasa. La cérémonie, présidée par Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, président du Conseil, a réuni les membres du bureau, des conseillers de la République ainsi que plusieurs personnalités politiques, économiques et sociales.

Un satisfecit aux autorités économiques

Dans son discours d’ouverture, Jean-Pierre Kiwakana a salué les efforts conjoints du Gouvernement et de la Banque Centrale du Congo (BCC) pour la stabilisation du cadre macroéconomique. Selon lui, les politiques mises en place ces derniers mois ont permis de contenir l’inflation, de limiter les pressions sur la monnaie nationale et de renforcer la confiance des partenaires économiques.

« L’expertise du Gouvernement en matière économique, ainsi que celle de la Banque Centrale du Congo, ont contribué à la maîtrise des indicateurs macroéconomiques », a déclaré le président du CES, tout en appelant à un « optimisme prudent ».

Des effets encore limités pour la population

Toutefois, le président du CES a souligné que cette relative stabilité monétaire ne s’est pas encore traduite par une amélioration tangible du panier de la ménagère. Les prix des produits de première nécessité demeurent élevés, en raison notamment de la frilosité des opérateurs économiques et de la faiblesse persistante de la production locale.

« La stabilisation du franc congolais est une avancée importante, mais elle reste insuffisante tant que le consommateur congolais n’en ressent pas les effets directs dans son quotidien », a-t-il martelé.

Les réformes structurelles au cœur du débat

Jean-Pierre Kiwakana a également insisté sur la nécessité de réformes profondes pour transformer durablement l’économie nationale. Il a pointé du doigt plusieurs obstacles majeurs :

la faiblesse de la production nationale, qui rend le pays dépendant des importations,

les difficultés d’accès à l’énergie, freinant le développement industriel,

une fiscalité inadaptée, souvent considérée comme lourde et dissuasive pour les investisseurs,

le poids du secteur informel, estimé à plus de 80 % de l’économie nationale,

le manque d’investissements stratégiques, notamment dans l’agriculture et les infrastructures.

« Pourquoi produisons-nous aussi peu et, surtout, pourquoi ce que nous produisons coûte-t-il aussi cher ? », s’est interrogé le président du CES, appelant à une refonte du modèle économique.

Un plaidoyer pour une croissance inclusive

Dans la perspective des réformes à engager, le président du CES a encouragé le Gouvernement à privilégier une croissance « soutenue, inclusive et adossée à un marché interne dynamique et innovant ». Selon lui, seule une économie diversifiée et compétitive permettra de réduire la pauvreté et d’améliorer le bien-être des populations.

Il a également souligné le rôle du CES en tant qu’organe consultatif, dont les recommandations visent à éclairer les politiques publiques et à renforcer le dialogue entre l’État, le secteur privé et la société civile.

Une session de clôture symbolique

Cette session d’octobre, la dernière de l’année 2025, se tient conformément à la loi organique n°13/027 du 30 octobre 2013 qui encadre les activités du CES. Elle marque une étape importante dans la poursuite des missions de l’institution : formuler des avis sur les grandes orientations économiques et sociales et proposer des solutions concrètes aux défis qui freinent le développement du pays.

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