Le dernier ressortissant étranger impliqué dans la tentative de coup d’État de mai 2024 en République démocratique du Congo a été extradé vers le Royaume-Uni. Cette décision clôt un cycle de transferts internationaux initié après l’arrestation de six étrangers et s’inscrit dans un processus diplomatique et judiciaire complexe.
Par Pierre Kabakila
Mardi 31 mars, Yusuf Ezangi, dernier ressortissant étranger détenu dans le cadre de la tentative de coup d’État de mai 2024 à Kinshasa, a été extradé vers le Royaume-Uni, révéle la radio France Internationale ( RFI).
Condamné à mort aux côtés d’une quarantaine d’autres accusés, Ezangi avait été présenté comme le numéro deux du groupe ayant brièvement pris le contrôle du Palais de la Nation.
Cette opération fait suite à près d’un an de tractations diplomatiques entre Kinshasa et Londres.
Selon ses avocats, le transfert a nécessité de longues négociations, tandis qu’Ezangi a attendu jusqu’à tard dans la nuit l’arrivée de son avion à l’aéroport international de Ndjili.
Parmi les six étrangers initialement impliqués, trois citoyens américains – Benjamin Reuben Zalman-Polun, Marcel Malanga et Tyler Thompson – ont été extradés vers les États-Unis il y a près d’un an. Leur procès est prévu ce mois d’avril devant la justice américaine. La Belgique avait également rapatrié Jean-Jacques Wondo, un Belge d’origine congolaise.
À ce jour, un seul ressortissant étranger reste incarcéré en RDC : un Canadien détenu à la prison militaire de Ndolo. L’ambassade du Canada suit de près le dossier et assure que « des démarches sont en cours ».
Par ailleurs, une ordonnance présidentielle du Félix Tshisekedi pourrait prochainement commuer les peines de mort en réclusion à perpétuité, ouvrant la voie à de nouvelles extraditions. Cette affaire illustre l’articulation complexe entre justice nationale et relations diplomatiques dans le traitement des ressortissants étrangers accusés de crimes contre l’État.












