RDC : le franc congolais enregistre une légère dépréciation de 0,65% sur le marché indicatif

RDC : le franc congolais enregistre une légère dépréciation de 0,65% sur le marché indicatif

Par Emmanuel Medina

Le marché des changes en République démocratique du Congo (RDC) affiche de légers mouvements techniques. Le franc congolais (CDF), l’unité monétaire nationale, a enregistré une dépréciation mineure de 0,65 % sur le marché indicatif par rapport à la semaine précédente. Cette évolution ressort des derniers indicateurs statistiques de la Banque centrale du Congo (BCC), consultés ce vendredi par REPORTER.CD

Selon la note de conjoncture de l’institut d’émission, le dollar américain s’échangeait officiellement à 2.278,75 CDF au 17 septembre 2026. Une semaine plus tôt, le taux de référence s’établissait à 2.264,00 CDF pour un dollar.

Ce recul de 0,65 % reflète une pression modérée sur les réserves de change professionnelles, traditionnellement sollicitées en cette période de l’année pour couvrir les importations massives de biens de consommation courante. Bien que ce glissement soit perceptible, les autorités monétaires le qualifient d’ajustement technique inhérent aux fluctuations de l’offre et de la demande de devises sur le marché interbancaire.

Fait marquant pour l’économie kinoise : cette légère baisse sur le segment officiel n’a pas provoqué d’effet de panique sur le marché parallèle ou marché libre. Dans les principaux centres d’affaires de la capitale, le taux de change informel est resté relativement stable.

Les cambistes attribuent cette déconnexion temporaire à une discipline de trésorerie chez les grands opérateurs économiques et à une circulation fluide du papier-monnaie. Cette stabilité relative sur le marché de la rue permet de contenir les anticipations inflationnistes, évitant ainsi une hausse immédiate des prix des produits de première nécessité dans les étals des marchés.

Plusieurs éléments macroéconomiques permettent d’expliquer ce léger fléchissement de la monnaie nationale :

La demande saisonnière en devises : À l’approche du dernier trimestre de l’année, les importateurs anticipent leurs commandes de fin d’année, ce qui accroît la demande en dollars américains.

Le niveau des dépenses publiques : L’exécution des budgets provinciaux et des infrastructures clés de l’État entraîne des injections de liquidités en monnaie nationale qui cherchent parfois à se convertir sur le marché des changes.

Le comportement des matières premières : Bien que les cours du cuivre et du cobalt restent solides, le rythme des rapatriements de devises par les entreprises minières influence directement la liquidité globale du système bancaire congolais.

Face à cette fluctuation, la Banque centrale du Congo maintient ses instruments de régulation en état d’alerte. Le Comité de politique monétaire (CPM) continue de privilégier un ciblage strict de l’inflation à travers le réglage du taux directeur et des coefficients de la réserve obligatoire des banques commerciales.

La stratégie de dédollarisation progressive de l’économie, portée par le gouvernement, reste le principal levier à long terme pour immuniser le franc congolais contre les chocs extérieurs. Pour l’heure, la BCC rassure les marchés sur le fait que le niveau actuel des réserves internationales offre une marge de manœuvre suffisante pour intervenir en cas de volatilité excessive ou de spéculation injustifiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.