Par Emmanuel Medina
Le gouvernement japonais et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) ont procédé, ce vendredi à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, à la remise officielle de kits de survie destinés aux victimes de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Cette assistance humanitaire vise à catalyser le relèvement des bénéficiaires, à stimuler leur réinsertion socio-économique et à restaurer leur dignité érodée par les conflits.
La cérémonie officielle s’est déroulée en présence du gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, entouré des représentants des autorités provinciales, municipales, d’organismes publics, ainsi que des acteurs humanitaires et des organisations locales partenaires.
Cette action découle d’un projet d’envergure financé par le gouvernement du Japon et exécuté sur le terrain par le BCNUDH. Intitulé « Appui à la sécurité humaine à travers le renforcement du suivi, du rapportage, de la protection et de la lutte contre l’impunité en faveur des victimes de violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire en RDC », ce programme s’attaque directement aux conséquences des conflits armés.
L’objectif ultime est d’améliorer la protection des populations civiles affectées par les crises en République démocratique du Congo. Pour ce faire, les partenaires s’appuient sur trois leviers majeurs à savoir faciliter l’accès à une justice équitable, combattre activement l’impunité et offrir des perspectives de réintégration socio-économique viable. Outre la Tshopo, le projet déploie ses activités dans d’autres zones critiques de la République à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Maniema ainsi que la région du Grand Katanga, en accordant une protection accrue aux personnes vulnérables, notamment les femmes, les jeunes filles et les enfants.
En parallèle à la dotation matérielle des victimes, le projet a mis l’accent sur l’autonomisation et la pérennisation des compétences locales. Une session de formation ciblée a ainsi été organisée à Kisangani au bénéfice de 25 représentants d’organisations de la société civile (OSC), parmi lesquels figuraient 17 femmes leaders.
Venus de plusieurs horizons provinciaux comme la Tshopo, le Haut-Uele, le Bas-Uele, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Maniema, le Tanganyika et le Haut-Katanga, ces acteurs de terrain ont été outillés aux principes fondamentaux de l’approche de la sécurité humaine. Les modules dispensés ont insisté sur le droit inaliénable de chaque individu à vivre dans la liberté et la dignité, à l’abri de la pauvreté et du désespoir. La formation s’est également donné pour mission de doter ces représentants de compétences managériales indispensables pour intégrer cette approche de sécurité globale à chaque étape du cycle de projet, de la conceptualisation jusqu’à l’évaluation finale
Saisissant cette opportunité, le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga a solennellement réaffirmé la ferme détermination de l’exécutif provincial de la Tshopo à accompagner les victimes sur la voie de la guérison. Il a promis l’appui total des institutions locales aux mécanismes favorisant la protection juridique, le soutien socio-économique et un accès effectif aux instances judiciaires compétentes.
Pour les partenaires de mise en œuvre, la distribution de ces kits est une matérialisation claire d’une solidarité agissante face aux violences subies. Elle constitue un premier pas vers l’autonomisation financière des bénéficiaires tout en agissant comme un levier pour briser les barrières de la stigmatisation et de l’exclusion sociale au sein des communautés d’accueil.
Notons que, à travers la pérennisation de cette alliance stratégique le gouvernement japonais et le BCNUDH scellent leur engagement de long terme pour le respect des droits fondamentaux en RDC, en plaçant les besoins impérieux des survivants au cœur des réponses de protection.













