Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté 382 violations et atteintes aux droits humains en République démocratique du Congo au cours du mois d’avril 2026. L’organisation fait également état d’au moins 37 cas de violences sexuelles liées au conflit, ayant touché 52 victimes, indique un communiqué publié ce mercredi.
Par Patient MBY
Selon le BCNUDH, la situation des droits humains est restée préoccupante, particulièrement dans les provinces de l’Est affectées par les conflits armés. Les affrontements entre les FARDC, appuyées par les Wazalendo, et l’AFC/M23 soutenue par les forces rwandaises, ainsi que les attaques des ADF, de la CODECO et de la CRP, ont continué d’exposer les populations civiles à de graves risques de protection.
Le rapport relève que les 382 violations recensées représentent une baisse de 27 % par rapport aux 524 cas enregistrés en mars. Le BCNUDH souligne toutefois que « cette diminution doit être interprétée avec prudence en raison des difficultés d’accès et de documentation dans certaines zones touchées par l’insécurité ».
Les provinces affectées par le conflit concentrent 334 violations, soit 87,4 % du total documenté. Les groupes armés sont responsables de près de 80 % des violations enregistrées. L’AFC/M23 est citée comme le principal auteur présumé avec 130 atteintes documentées, devant les Wazalendo (58), les groupes Maï-Maï (23) et les ADF (21). Les agents de l’État sont, quant à eux, impliqués dans 109 violations, principalement attribuées aux FARDC et à la Police nationale congolaise (PNC).
En parallèle, le BCNUDH a recensé 37 cas des violences sexuelles liées au conflit, qui ont affecté 52 victimes, dont 36 femmes et 16 filles. Le Nord-Kivu concentre 60 % des victimes, suivi de l’Ituri (31 %) et du Sud-Kivu (8 %). Les auteurs présumés comprennent des groupes armés ainsi que des acteurs étatiques, notamment les FARDC. Parmi les groupes armés, le M23 est tenu pour responsable du plus grand nombre de victimes (12), devant les ADF (6) et les groupes Maï-Maï (4).
Le BCNUDH relève également 12 violations liées à l’espace civique, ayant affecté 23 victimes, ainsi que huit cas visant notamment des défenseurs des droits humains et des journalistes menacés. L’organisation indique, par ailleurs, que 66 procédures judiciaires pour des violations des droits humains ont été traitées par les juridictions militaires au cours de la période examinée.
Cet organisme onusien appelle à la poursuite des efforts pour protéger les civils, lutter contre l’impunité et renforcer le respect des droits humains dans les zones affectées par les conflits armés.













