RDC : réunie à Rome, la C64 appelle à un dialogue national et veut rencontrer Félix Tshisekedi et Joseph Kabila

RDC : réunie à Rome, la C64 appelle à un dialogue national et veut rencontrer Félix Tshisekedi et Joseph Kabila

Par Emmanuel Medina

Les cinq principales figures de la Coalition article 64 (C64) veulent rencontrer séparément le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila afin de favoriser la tenue d’un dialogue national inclusif. Réunis à Rome, en Italie, depuis le lundi 26 octobre, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo Mapon, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund ont annoncé cette initiative dans leur déclaration finale publiée ce mardi 27 octobre 2026. Leur objectif est de « trouver une solution congolaise à la crise ».

La coalition entend ainsi favoriser un consensus autour des modalités d’organisation d’un forum réunissant les forces vives de la nation. Aucun calendrier n’a toutefois été annoncé pour ces rencontres. La C64 n’a pas non plus précisé si Félix Tshisekedi et Joseph Kabila avaient accepté de recevoir ses représentants.

Créée le 19 mai 2026, la C64 réaffirme son opposition aux dérives qu’elle dénonce sur les plans politique et sécuritaire. Elle dit appliquer « la même exigence constitutionnelle au pouvoir et aux mouvements armés ».

D’une part, la coalition condamne ce qu’elle qualifie de projet de « coup d’État constitutionnel », qu’elle associe à une éventuelle prolongation du pouvoir au-delà des limites fixées par la Constitution. D’autre part, elle rejette le recours à la violence armée pour conquérir le pouvoir. Si cette dernière position intervient dans un contexte de spéculations sur les liens entre certains acteurs politiques et les mouvements armés, la déclaration finale ne désigne pas explicitement Joseph Kabila.

La coalition réitère également son opposition à toute modification de la Constitution, à un troisième mandat présidentiel et à un éventuel report des élections générales prévues en 2028. Elle réagit notamment à l’adoption, le 23 octobre dernier, par l’Assemblée nationale, de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum.

Pour la C64, ce texte ne peut servir à contourner l’article 220 de la Constitution, qui protège notamment les dispositions relatives à la durée et au nombre des mandats présidentiels. « Une Constitution n’a pas à être aimée ni désirée. Elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée », souligne la déclaration.

Pour garantir la réussite du dialogue national, la coalition exige un consensus préalable sur son objet, sa composition, sa facilitation et le mécanisme de suivi de ses conclusions.

Elle plaide pour une médiation nationale portée conjointement par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Elle préconise également une facilitation régionale fondée sur la relance des initiatives diplomatiques de l’Angola et du Togo.

Sur le plan sécuritaire, la C64 demande la prise en compte des acquis du processus de Doha, notamment des questions de gouvernance abordées dans ses six protocoles additionnels. Elle estime que leur intégration doit contribuer à garantir un cessez-le-feu vérifiable, la protection des civils et un accès humanitaire sans entrave.

Les responsables de la coalition conditionnent par ailleurs la sérénité des discussions à des mesures immédiates de décrispation politique. Ils réclament le retour sécurisé des exilés politiques ainsi que la libération des personnes qu’ils considèrent comme arbitrairement détenues. Ils citent notamment le cas de l’opposant Prince Epenge.

La C64 demande aussi l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violations des droits humains qu’elle dénonce lors des manifestations des 12 juin et 15 septembre derniers, ainsi que sur la mort de Manassé Lomboto, qu’elle qualifie d’« assassinat ».

Enfin, la coalition annonce une tournée de plaidoyer auprès des partenaires internationaux de la République démocratique du Congo. Cette démarche vise à obtenir leur soutien à l’organisation d’un dialogue national et à une sortie négociée de la crise politique et sécuritaire.

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