RDC : une ONG saisit la justice canadienne contre les responsables du Conseil national de cyberdéfense

Par Patient MBY

Le Conseil national de cyberdéfense( CNC), est visé par une plainte à l’étranger pour « des crimes graves ». Deux responsables de ce service secret rattaché à la présidence de la République, dont Lisette Kabanga et Jean-Claude Bukasa, sont traduits en justice devant les instances canadiennes par une organisation non gouvernementale, Urgence RDC.

Selon un communiqué daté du mercredi 21 janvier, l’ONG Urgence RDC, appuyée par vingt organisations de la société civile et dix familles de victimes, a saisi officiellement le ministre de la Justice du Canada ainsi que les autorités judiciaires fédérales contre ces deux ressortissants canadiens pour des violations intempestives des droits de l’homme commises en RDC.

Lisette Kabanga et Jean-Claude Bukasa sont mis en cause pour leur présumée implication directe et indirecte, à travers des moyens numériques, « dans des arrestations arbitraires, des actes de torture, des enlèvements, des détentions illégales, des exils forcés et des persécutions ciblées contre des opposants, des journalistes et des défenseurs des droits humains », sous couvert du Conseil national de cyberdéfense.

Cette ONG appelle les autorités canadiennes à enquêter sur ces faits, en conformité avec le droit canadien et les conventions internationales ratifiées par celui-ci. Ces instruments juridiques permettraient au Canada d’enquêter, de poursuivre et d’extrader les auteurs présumés de « crimes graves », malgré le lieu de leur commission.

Le Conseil national de cyberdéfense est sous le feu des critiques ces derniers jours. En début de ce mois de janvier, l’ONG Justicia ASBL avait accusé ce service d’avoir enlevé plus de 10 000 personnes, dont certaines seraient détenues dans des lieux tenus secrets et dans des maisons d’habitation. En effet, plusieurs opposants politiques ont été interpellés par le CNC, notamment Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga et Aubin Minaku, tous cadres du parti PPRD, ainsi que Nathanaël Onokomba, qui a été incarcéré par la suite à la prison militaire de Ndolo.

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