À Kinshasa, le World Resources Institute (WRI) a lancé la plateforme Energy Access Explorer, un outil stratégique destiné à accélérer l’électrification en République démocratique du Congo. En facilitant l’identification des zones prioritaires et la planification des investissements, cette initiative ambitionne de réduire le déficit énergétique et de soutenir un développement durable et inclusif.
Par Pierre Kabakila
Le World Resources Institute (WRI) a officiellement lancé la plateforme Energy Access Explorer (EAE) en République démocratique du Congo. La cérémonie s’est tenue mercredi à Kinshasa, en présence des plus hautes autorités politiques et administratives, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs du secteur énergétique.
La plateforme EAE est un outil analytique et interactif permettant de cartographier, visualiser et planifier les besoins en énergie à l’échelle nationale. Elle fournit des analyses spatiales et multicritères pour identifier les zones prioritaires et soutenir une électrification à moindre coût.
Bora Masumbuko, Directrice pays de WRI, a ouvert la cérémonie en rappelant que l’accès à l’électricité reste un défi majeur en RDC. Elle a souligné que des millions de Congolais vivent sans électricité, ce qui impacte directement l’éducation, la santé et les activités économiques.
Elle a alerté sur l’usage massif du bois de chauffe. « Plus de 95 % des ménages de Kinshasa utilisent du bois pour la cuisson et le chauffage faute d’électricité, contribuant à la déforestation et aux émissions de gaz à effet de serre », a-t-elle indiqué.
Mme Masumbuko a également évoqué les conséquences sur l’éducation et la santé. Des millions d’enfants fréquentent des écoles non électrifiées, limitant l’accès aux technologies modernes.
Parallèlement, de nombreuses structures sanitaires fonctionnent sans source d’électricité fiable, compromettant la qualité des soins.
Selon Lala Ciananga, représentant du Secrétaire Général aux Ressources hydrauliques, le gouvernement a souscrit au programme compact énergétique, visant à porter le taux d’accès à l’électricité à 62 % d’ici 2030. Il a ajouté que la construction d’infrastructures électriques pourrait diversifier les sources d’énergie et augmenter le taux de cuisson propre de 1 à 30 %, tout en réduisant la pression sur les forêts.
La Directrice du Conseil d’administration de l’Association Congolaise pour les Energies Renouvelables (ACERD), Katia Ajebo, a rappelé que le développement du secteur énergétique repose sur la collaboration et le partage des connaissances. « La qualité de cet outil dépend directement de la qualité des données qu’il contient. Partagez vos informations pour contribuer à cet écosystème de transparence », a-t-elle insisté.
Avant le lancement officiel, WRI a organisé deux sessions de formation pour les agences gouvernementales, opérateurs, organisations de la société civile et institutions académiques, afin de renforcer les compétences techniques nécessaires pour exploiter pleinement la plateforme.
Un groupe de travail dédié à EAE a été mis en place pour coordonner les efforts intersectoriels, mettre à jour les données et promouvoir l’utilisation de la plateforme à grande échelle en RDC.
Pour conclure, Mme Masumbuko a insisté sur le rôle central de l’accès à l’énergie pour améliorer la qualité de vie, soutenir l’éducation, renforcer les services de santé et stimuler le développement économique. Elle a remercié tous les partenaires techniques et financiers, notamment Climate Works, et appelé les acteurs à s’approprier l’outil afin d’accélérer l’accès à l’électricité et construire un avenir énergétique inclusif pour la RDC.













