Scandale à la tête de l’ANR: Une touche pour faire marquer Félix Tshisekedi contre son équipe ?

Par Nicole Kakese

Confusion totale à la tête de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) en cette période où le pays vient de frôler l’irréparable lourd de conséquences avec la tentative de déstabilisation des Institutions menée par la bande à Christian Malanga. Une confusion qui serait une guerre des tranchées entre les proches du Président de la République dont certains veulent avoir le contrôle de cet important instrument de la sécurité et de la sûreté de l’Etat. Le contrôle, non pour sécuriser le Président de la République ou les institutions de la République, mais plutôt leurs propres intérêts au péril de toute la nation.

En effet, selon une source bien introduite dans les services et qui a requis l’anonymat, la sécurité de la Nation ou du Chef de l’État n’intéresse pas certains de ses proches qui trouvent tout ce qui est possible à dire pour convaincre la crédulité de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dans le but de nuire aux gens sur qui ils ne savent pas exercer leur contrôle pour patauger dans les antivaleurs. Système mis en place et bien connu au sein du parti présidentiel, diabo.

Chronique

Le 19 mai 2024, jour de la Pentecôte, le Palais de la Nation est pris pour cible par un commando vraisemblablement mal préparé qui a tenté de déstabiliser les institutions établies.

Selon certains témoignages, ils auraient voulu avant toutes choses, assassiner celui qui sera le lendemain, Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Un bilan de quatre morts est avancé. L’armée parle d’un coup d’Etat étouffé dans l’œuf. Les voix se lèvent pour condamner les services de sécurité qui n’ont pas su anticiper ce n’est pas un coup d’Etat, mais plutôt une tentative de déstabilisation des institutions établies. Certaines langues se demandent comment une dizaine de personnes a pu traverser Kinshasa, de la commune de Ngaliema, du Kongo-central pour venir offrir leur spectacle à Gombe dans une zone hautement sécurisée où sont logées les institutions étatiques et certaines chancelleries de puissances mondiales.

Plus grave, il est difficile de comprendre la nonchalance des services des renseignements congolais face à cette tentative dont les actions étaient visiblement susceptibles d’anticipation.

Parce que, les mouvements et actions de sieur Christian Malanga étaient effectués au su et au vu de tout le monde. Il a été au Vatican, aux USA, en Grande Bretagne, en France, Belgique, s’entretenant avec les Congolais sur les moyens de renverser le pouvoir de Kinshasa. Ce n’est pas pour la première fois qu’il vient mener ses actions subversives sur le sol congolais. Il doit être connu, et de la sécurité intérieure, et de la sécurité extérieur de la RDC surtout que dernièrement, il avait rencontré les anciens officiers des Forces Armées du Zaïre (ex. FAZ) qui sont en Europe.

Questionnement

Tenez, la RDC dispose d’un Administrateur Principal chargé du Département de la sécurité extérieure et des attachés militaire ou de presse dans chaque Ambassade. Qu’ont-ils entrepris comme démarches pour stopper les aventures subversives de Christian Malanga? Et arrivé sur place, pourquoi l’Administrateur Principal chargé du Département de la sécurité intérieure n’a pas pris toutes les dispositions pour suivre les faits et gestes de la bande à Christian Malanga qui a réussi à recruter, et au pays, et à l’extérieur ces assaillants? Qui a financé les opérations ? Qui a été leur interlocuteur au sein des forces de sécurité ?

Comment ont-ils réussi à faire entrer les armes sophistiquées au pays ? C’est par Congo Brazzaville où certains ont atteint Kinshasa. Pendant ce temps, c’est Monsieur Justin Inzun Kakiak, ancien AG de l’ANR, qui est Ambassadeur de la RDC à Brazzaville. Quel rapport l’Ambassade de la RDC à Brazzaville a fait à la hiérarchie avant ces attaques ?

Les mêmes questions sont posées pour les renseignements militaires, conduits par le Général Ndaywel que la défense du désormais Sénateur Salomon Kalonda avait présenté comme Belge, sans qu’il ne réagisse.

Ce qui fait croire à des complicités à l’interne. Parce que les profils de ceux que l’Auditorat de garnison de Kinshasa/Gombe a présentés à l’audience devant le Tribunal militaire de Kinshasa/Gombe du vendredi dernier ne reflètent pas des hommes prêts à prendre le pouvoir.
Coup de colère

Face à ces questions, beaucoup sont des Congolais qui ont levé leurs voix pour condamner la nonchalance ou la complicité des services des renseignements tant militaires que civils.

Certains congolais ont proposé et attendu qu’il y ait très vite des changements à la tête de ces services.

D’aucuns ont cru que le Chef de l’Etat a écouté leurs voix lorsqu’il a opéré en date du 31 mai 2024 les changements à la tête de l’Agence Nationale des Renseignements où il a fait revenir à la tête l’ancien Administrateur Général à qui il a collé comme Adjoint le jeune Officier des renseignements, Me Augustin Mulumba Nsabwa.

Rebiffe

Très vite, il y a eu remise-reprise entre les deux Hauts Officiers des renseignements congolais. Il n’a pas fallu une semaine pour que l’Adjoint à l’AG, Monsieur Augustin Mulumba soit invité à ne plus accéder à ses bureaux en attendant les orientations qui viendraient de la haute hiérarchie. Pendant ce temps, son intérim est confié sans documents à l’ancien Dircab et proche de l’ancien AG de l’ANR, le très Kabiliste Kalev Mutond.

Discussion

Augustin Mulumba n’a reçu aucun document justifiant son éjection une semaine après avoir pris ses fonctions, selon les sources au sein de l’immeuble UZB. Selon les mêmes sources, certains proches du Chef de l’Etat lui auraient rapporté qu’Augustin Mulumba n’est pas contrôlable. Il serait proche de Joseph Kabila par le biais du mari de sa tante qui serait l’épouse à l’ancien Ministre de la Justice Alexis Tambwe Mwamba qui avait fait de lui, Avocat de la République. Il serait proche à l’ancien Secrétaire Général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund-A-Kabund dont il serait le chef du Collectif des avocats. Un mensonge dans la mesure où toutes les feuilles d’audience de ce procès qui était public ne le renseigne. Diabo. Et pour cela, ils exhibent la vidéo qu’il avait tournée lorsque la maison de son client, Jean-Marc Kabund avait été saccagée par la Garde républicaine. Des allégations qui seraient fondées sur aucune preuve tangible.

Désacralisation de la signature du Chef de l’Etat

Alors, comment le Chef de l’Etat peut signer une ordonnance désignant des personnes à de très hautes charges des renseignements sans qu’au préalable qu’on ait mené l’enquête de loyauté ? Qui a présenté et défendu le dossier de Me Augustin Mulumba pour convaincre le Chef de l’Etat à apposer sa grave signature sur cette ordonnance lue par son Porte-parole sur les antennes de la RTNC ? Comment avant de lui demander de rester à la maison, des enquêtes préalables n’ont pas été menées en amont pour découvrir ce qui ne va pas pour signer l’ordonnance et se rebiffer par la suite? Qui gagnerait derrière la désacralisation de la signature du Chef de l’Etat au point de l’exposer au mépris du pays et de Sa Haute personne par des essais-erreurs? Pourquoi vouloir mener cette bataille sur la place publique qui expose la famille politique du Chef de l’Etat à une sorte d’amateurisme au sommet de l’Etat ?

Tout ce questionnement ne peut conduire qu’à croire que le Président Tshisekedi marque un penalty dans sa propre équipe, penalty dont il a été poussé à la faute. Parce qu’on ne peut ne pas comprendre, comme pour l’affaire du Gouvernement, il puisse d’abord faire respecter sa propre signature et pour ce service le plus sensible, il cède facilement aux sirènes de mauvais augure ?

On risque de croire qu’un plan maléfique se jouerait contre lui et ce plan consiste à l’éloigner de celui qui peut dire non dans les hautes sphères des renseignements.

Nous y reviendrons.

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