Au cœur d’une vive polémique, Modeste Bahati Lukwebo a décidé de briser le silence pour rétablir la vérité. Le président de l’AFDC et troisième personnalité du Sénat congolais a balayé d’un revers de la main toutes les calomnies et les accusations dont il a fait l’objet ces derniers temps.
Par Gédéon ATIBU
Il n’est pas aisé d’être Modeste Bahati Lukwebo en ce moment. Mis sur la sellette, l’homme d’État ne cache pas son mécontentement face aux renseignements transmis au Président de la République à son sujet, malgré la réserve que suggère son prénom.
Originaire du Sud-Kivu — région où l’insécurité porte un coup mortifère à l’essor économique dont il est l’un des symboles—Modeste Bahati s’est longtemps muré dans le silence, priant pour le retour de la paix dans cette partie du pays où la population civile paie un lourd tribut.
« Le paradoxe est qu’au moment où nous sommes gravement affectés par cette guerre, des malins, des jaloux, de faux renseignements, des flatteurs et des courtisans s’emploient à me diaboliser à Kinshasa, à me prêter des intentions que je n’ai pas et à m’opposer au Chef de l’Etat qui bénéficie de ma loyauté et de mon apport politique et stratégique», a-t-il dénoncé avec amertume.
À Kinshasa, certains n’hésitent pas à interpréter son attitude comme une forme de caution ou posture d’allégeance à l’AFC/ M23. Parmi les tenants de cette thèse, certains sont allés jusqu’à pointer du doigt son supposé actionnariat au sein de la société BRALIMA.
« Je dénonce un rapport erroné du Directeur Général de la BRALIMA Kinshasa adressé au Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat faisant état de ma qualité d’actionnaire dans une société ayant racheté la succursale de la BRALIMA Bukavu», a-t-il répliqué dans sa communication du jour.
Très remonté, Modeste Bahati a , par ailleurs, pris à partie les services et les individus qui s’éventuent à lancer des affirmations sans « aucune preuve ».
« Certaines personnes font du renseignement leur fonds de commerce même lorsqu’elles n’apportent aucune preuve. Vous les entendez dire : ceux-là, ils ne sont pas avec nous. Comme si nous n’étions pas tous des sociétaires de l’Union Sacrée de la Nation ».
Fidèle à ses habitudes, Modeste Bahati promet d’user des voies légales pour rétablir son honneur et sa réputation face à ces graves accusations.
« Comment peut-on imaginer que moi qui suis victime des affres de l’agression à l’Est du pays —où j’ai perdu plusieurs personnes proches et dont tout mon patrimoine est systématiquement ravi, occupé de force par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda — y compris ma résidence, mes hôtels, mes véhicules, mes immeubles et usines que je puisse composer avec mes bourreaux ? », a-t-il martelé.
Cette sortie médiatique est une arme de défense pour Modeste Bahati, qui conteste formellement la vérité de certains rapports. Il s’en remet désormais au chef de l’État qui, en tant qu’arbitre institutionnel, devra trancher — peut-être en « consultant la VAR » — pour rendre une décision juste.













