Sud-Kivu : au moins 13 creuseurs artisanaux massacrés par le M23 à Karembu

La nuit du 23 au 24 mars dernier a de nouveau été dramatique pour la population du Sud-Kivu, particulièrement dans le carré minier de Karembu, où au moins 13 creuseurs artisanaux ont été tués. Selon des informations parvenues à la presse, ces victimes travaillaient dans le site lorsque des éléments du M23 ont ouvert le feu après avoir réclamé, sans succès un « pourboire », indiquent des témoins et des sources militaires locales.

Par Reporter. CD

Cette tragédie qui, du reste, ne fait qu’enveminer une situation déjà intenable dans cette contrée du pays, a laissé les populations locales dans l’émoi surtout qu’il ne s’agit pas d’une première du genre depuis l’avènement du M23 et de ces décennies de guerre dans l’Est.

Face au drame, le commandement du secteur opérationnel Sukola 2 Sud-Kivu a dénoncé un énième acte criminel de la rébellion. Dans sa communication à la presse le 26 mars dernier, le sous-lieutenant Jérémie Meya, porte-parole militaire, a indiqué l’armée congolaise était déterminée à protéger sans désemparer les civils jusqu’au sacrifice suprême.

« Le commandement secteur dénonce avec fermeté le massacre de 13 creuseurs artisanaux actifs. Le commandant secteur, le colonel Isingoma Benjamin, compatit avec la population de cette zone. L’armée régulière continuera avec sa mission jusqu’au sacrifice suprême pour protéger les civils et rétablir la sécurité dans la région »,

Cette attaque est enregistrée dans un contexte de violences dans le Sud-Kivu, où les affrontements entre le M23 et les forces armées de la RDC sont déplorés ces dernières semaines, notamment dans les territoires de Fizi, Uvira, Kabare et Wakundu. Dans plusieurs de ces zones, la présence du M23 est marquée par des pratiques oppressives : tortures, intimidations, disparitions forcées, assassinats ciblés et parfois des cachots clandestins. Des rapports d’ONG de défense des droits humains et des Nations unies ont toujours dressé un tableau sombre de la situation civile sous contrôle delà rébellion, où toute opposition est traitée en tant que telle

Le fait est que les conséquences de cette terreur est bien perceptible. En effet, les creuseurs artisanaux, qui représentent une importante partie de l’économie locale, vivent désormais dans la peur d’être les prochaines victimes, même si, dans sa communication, l’arméé dit rester mobilisée pour sécuriser la région, promettant de poursuivre ses missions avec détermination afin de protéger les civils et de mettre fin aux violences. Malgré les nombreuses promesses des officiels congolais, la RDC peine encore à restaurer l’autorité de l’État dans des zones où le M23 impose sa loi par la peur et la violence.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.