Sud-Kivu : JED dénonce les restrictions imposées aux médias dans les zones contrôlées par le M23

Sud-Kivu : JED dénonce les restrictions imposées aux médias dans les zones contrôlées par le M23

La liberté de la presse est de plus en plus menacée dans les zones contrôlées par le M23, notamment au Sud-Kivu. Les journalistes ne peuvent plus aborder certains sujets comme ils le faisaient auparavant. Désormais, les débats politiques sont interdits les médias opérant dans ces zones et des informations venant de Kinshasa ne peuvent plus être relayées. C’est ce que dénonce Journaliste en danger (JED), dans une alerte publiée le jeudi 20 août 2026.

Par Charles Muhindo

La nouvelle mesure a été annoncée aux responsables des médias à Bukavu par Patrick Busu Bwa Ngwi Shombo, gouverneur rebelle au Sud-Kivu. La rencontre s’est tenue le mercredi 19 août dans son cabinet de travail à Nyamoma et a duré beaucoup d’heures. Parmi les consignes données aux médias figure l’interdiction de tout débat politique sur les médias émettant dans l’espace sous son administration en province du Sud-Kivu.

JED rapporte aussi que les médias ne doivent plus relayer les nouvelles de Kinshasa dans n’importe quel domaine et sont plutôt appelés à couvrir les activités de l’AFC-M23. Il leur est également interdit de diffuser des informations relatives aux activités des députés nationaux élus du Sud-Kivu ainsi qu’à celles des notables de la province qui évoluent dans les zones contrôlées par Kinshasa. Les émissions doivent davantage porter sur la paix, l’environnement, l’éducation, la santé et le développement, avec, selon JED, un visa à obtenir auprès de la cellule de communication du gouverneur en collaboration avec la RTNC Sud-Kivu.

Pour l’organisation de défense des journalistes, ces nouvelles restrictions ne peuvent pas être séparées de la situation dans laquelle travaillent déjà les professionnels des médias dans les zones contrôlées par la rébellion. La marge de manœuvre des journalistes est déjà trop petite, notamment lorsqu’il s’agit de traiter des sujets considérés comme sensibles ou de donner la parole à des acteurs politiques qui ne partagent pas la ligne du M23.

La décision annoncée à Bukavu est notamment liée à une émission de la Radio Bukavu FM. Au cours de cette émission, diffusée chaque dimanche, Blaise Maseka, acteur politique du RCD, avait dénoncé l’expulsion de la mère biologique de l’ancien ministre Claude Nyamugabo de la maison familiale. Il avait estimé que cette situation constituait une violation du droit de propriété.

« La motivation de cette restriction est tirée d’une émission débat, diffusée par la Radio Bukavu FM, chaque dimanche qui a donné la parole à Mr Blaise Maseka, acteur politique du RCD », rapporte et dénonce JED.

L’organisation indique par ailleurs que des sanctions graves ont été promises contre les médias ou journalistes qui ne respecteraient pas ces nouvelles consignes. Elle rapporte également qu’au cours de la même réunion, Patrick Busu Bwa Ngwi Shombo a procédé verbalement à la désignation de Mbilizi Bafa, journaliste-présentate à la Radio Bukavu FM, comme coordonnateur du CSAC à Bukavu, en plaçant l’ancien responsable de cet organe de régulation comme adjoint.

JED alerte ainsi sur les conditions dans lesquelles les journalistes exercent leur métier dans les zones contrôlées par l’AFC-M23 avec des sujets interdits, des informations qui ne peuvent plus être relayées et certains contenus soumis à une l’autorisation préalable des rebelles.

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