Par Emmanuel Medina
La terreur des groupes armés vient de frapper de plein fouet l’administration publique dans l’est de la République démocratique du Congo. Le secrétaire administratif de la chefferie de Luhwinja, située dans le territoire de Mwenga (Sud-Kivu), a été lâchement assassiné ce jeudi. Selon les autorités locales, ce cadre administratif a payé de sa vie pour son refus catégorique de collaborer avec la coalition rebelle de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23).
La nouvelle a été officialisée par le gouvernement provincial du Sud-Kivu à travers un communiqué empreint d’une vive émotion consulté ce jeudi par reporter.cd. Cet acte tragique illustre une fois de plus la pression extrême et les menaces de mort directes auxquelles font face les agents de l’État et les civils qui choisissent de rester fidèles aux institutions de la République dans les zones sous influence ou menacées par les forces rebelles.
D’après les premiers éléments confirmés par les autorités, le tord de la victime aura été de défendre l’intégrité de ses fonctions. Approché par les éléments de la coalition AFC-M23 pour participer à l’administration des zones sous leur emprise ou pour leur prêter allégeance, le secrétaire administratif a opposé une fin de recevoir ferme, s’en tenant strictement aux lois de la RDC. Un choix républicain qui lui a coûté la vie.
« Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu exprime sa profonde consternation à la suite des informations faisant état de l’assassinat du secrétaire administratif de la chefferie de Luhwinja, en territoire de Mwenga. Rien ne saurait justifier que des agents de l’administration publique ou des citoyens soient pris pour cible en raison de leur refus catégorique de travailler avec les rebelles de l’AFC-M23 et de leur attachement aux lois de la République », a martelé l’exécutif provincial dans son communiqué officiel.
Au-delà du drame humain et de la perte d’un serviteur de l’État, cet assassinat ciblé suscite une vague d’indignation morale et juridique. Le gouvernement provincial a fermement condamné les méthodes de l’AFC-M23, qualifiant l’événement de crime flagrant au regard des conventions internationales.
« Les circonstances rapportées ayant été confirmées, cet acte constitue une grave violation du droit à la vie et des principes les plus élémentaires du droit international humanitaire et des droits de l’homme », ajoute le document officiel. En ciblant un agent administratif civil, les assaillants violent le statut de non-combattant universellement protégé en période de conflit armé.
Devant le gran bouleversement suscité par ce meurtre dans le territoire de Mwenga et dans l’ensemble de la province du Sud-Kivu, les autorités provinciales tentent de mobiliser la conscience collective. L’objectif est d’éviter que la peur ne paralyse les structures locales de l’État.
Le Gouvernement provincial a ainsi lancé un appel solennel à l’ensemble de la population de la région de rester unis, redoubler de vigilance et maintenir un attachement indéfectible aux valeurs de paix, de justice et de défense de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Cet assassinat, loin de briser la résistance civique, est présenté par les autorités comme un symbole de la nécessité de faire bloc derrière les Forces armées de la RDC (FARDC) et les institutions légitimes.












