La trêve de Washington vacille sur les hauts plateaux. Malgré les engagements diplomatiques de décembre dernier, la tension militaire a franchi un nouveau palier ce mercredi 11 mars 2026. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affirment avoir neutralisé un troisième appareil de surveillance rwandais en moins de vingt-quatre heures.
Par medina
Le ciel de Minembwe est devenu le théâtre d’une guerre technologique qui menace de réduire en cendres les espoirs de paix. Dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 mars, les unités de défense antiaérienne des FARDC ont intercepté et abattu un troisième drone attribué à l’armée rwandaise (RDF).
Selon des sources locales concordantes, la journée du mardi a été marquée par une activité aérienne intense. Ce ne sont pas moins de trois appareils qui auraient survolé la zone avant d’être pris pour cibles. Plus inquiétant encore, un quatrième drone a été signalé tôt ce mercredi matin, survolant impunément l’espace aérien congolais au-dessus des zones habitées.
Kinshasa ne cache pas son agacement. Des sources sécuritaires accusent ouvertement Kigali d’utiliser ces engins pour des opérations de ciblage contre les positions gouvernementales et les localités civiles. Les FARDC justifient leur riposte par l’impératif de protection des populations, citant explicitement la sécurité de la communauté Banyamulenge, particulièrement exposée dans cette zone de hautes terres.
Ces incidents surviennent dans un timing diplomatique particulièrement sensible. le 4 décembre 2025, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame s’étaient serrés la main à la Maison Blanche, sous l’égide de Donald Trump, promettant une désescalade immédiate.
Aujourd’hui, l’épave du troisième drone abattu à Minembwe ressemble à un démenti cinglant aux promesses de Washington. Si aucune confirmation indépendante n’a encore été apportée sur l’origine exacte des débris, l’accumulation de ces survols en moins de 48 heures fragilise un processus de paix déjà précaire.
Une région sous haute tension
Sur le terrain, l’inquiétude grandit. Les hauts plateaux du Sud-Kivu sont depuis des mois le siège d’affrontements complexes impliquant une myriade de groupes armés. L’entrée en scène de vecteurs aériens sophistiqués marque un tournant dans le conflit, transformant une guerre de positions en un affrontement technologique où la souveraineté de l’espace aérien congolais est plus que jamais au centre des enjeux.












