SMIG à 21 500 FC : Judith Suminwa maintient le cap et renvoie le débat au Conseil national du travail

SMIG à 21 500 FC : Judith Suminwa maintient le cap et renvoie le débat au Conseil national du travail

Le Gouvernement ne compte pas revenir sur l’augmentation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka l’a clairement fait savoir lors d’une réunion stratégique tenue jeudi soir à la Primature, consacrée à l’évaluation de l’application du SMIG, réajusté à 14 500 FC et appelé à atteindre 21 500 FC dès janvier 2026.

Six mois après la signature du décret du 30 mai 2025, la Cheffe du Gouvernement a voulu faire un point sans détour sur l’effectivité de cette mesure sociale majeure, devenue un symbole de la nouvelle orientation du pouvoir en matière de justice sociale et de protection du pouvoir d’achat.

Un échange franc entre Gouvernement, syndicats et patronat
Autour de la Première Ministre étaient réunis plusieurs membres du Gouvernement, notamment le Vice-Premier Ministre de l’Économie nationale, le Ministre de l’Emploi et du Travail, la Ministre du Portefeuille et le Ministre de la Communication et Médias. Les partenaires sociaux, incluant l’Intersyndicale nationale et les représentants du patronat, ont également pris part aux discussions.

Si les syndicats ont réaffirmé leur attachement à la mise en œuvre intégrale du SMIG, certains employeurs ont, de leur côté, exprimé des réserves quant à leur capacité d’appliquer immédiatement le seuil projeté de 21 500 FC.
Une position qui n’a pas ébranlé la détermination de la Première Ministre.

Aucun recul sur un acquis social

Face aux hésitations du patronat, Judith Suminwa Tuluka s’est montrée inflexible : l’augmentation du SMIG constitue un acquis social irréversible. Pour elle, il s’agit d’une réforme essentielle visant à restaurer la dignité du travailleur congolais, longtemps pénalisé par un salaire minimum resté inchangé pendant près de deux décennies.

En effet, fixé à 7 075 FC depuis 2007, le SMIG ne correspondait plus aux réalités économiques du pays. Son relèvement à 14 500 FC, avec une projection à 21 500 FC, marque ainsi une rupture nette avec le passé.

Le Conseil national du travail comme cadre de régulation
Soucieuse de préserver la paix sociale, la Première Ministre a plaidé pour la convocation rapide du Conseil national du travail (CNT), cadre légal du dialogue social en RDC. Cette instance devra permettre d’examiner les difficultés d’application, d’harmoniser les positions et de dégager des solutions consensuelles.

« Il y a des divergences, mais le CNT reste l’espace approprié pour maintenir le dialogue social et garantir l’application du SMIG », a souligné le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Le Ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, a pour sa part rappelé que la loi prévoit une commission de suivi du SMIG, dont les conclusions doivent être examinées par le CNT afin d’apporter, le cas échéant, des ajustements techniques.
Les travailleurs saluent la détermination du Gouvernement
Du côté des syndicats, la satisfaction est manifeste. Le président de l’Intersyndicale nationale de l’administration publique, Fidèle Kiyangi, a salué l’engagement personnel de la Première Ministre et le soutien du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Selon lui, le SMIG de 21 500 FC répond davantage aux exigences du panier de la ménagère et traduit une volonté politique claire de placer l’humain au cœur de l’action gouvernementale.
Une réforme au cœur du PAG 2024–2028
L’augmentation du SMIG s’inscrit dans le Programme d’Actions du Gouvernement 2024–2028, notamment dans son pilier consacré à la création d’emplois décents et à la protection du pouvoir d’achat. Elle illustre également la méthode Suminwa, fondée sur la fermeté des principes et la recherche permanente du consensus par le dialogue social.

La réunion annoncée du CNT devra notamment se pencher sur trois questions clés : l’échelle d’application du SMIG de 1 à 10, l’option à lever sur le SMAG pour le secteur agricole, ainsi que le régime des jours fériés.

Par cette démarche, le Gouvernement réaffirme sa volonté de concilier progrès social, stabilité économique et paix sociale durable en République démocratique du Congo.

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