Par Emmanuel Medina
Plus de quatre décennies après la dernière opération de dénombrement de sa population, la République démocratique du Congo enclenche la vitesse supérieure pour actualiser ses données démographiques.
Lors d’une séance de travail stratégique organisée à Kinshasa le mercredi 12 août 2026, le gouvernement central a scellé un partenariat de premier plan avec l’Église du Christ au Congo (ECC) pour garantir l’ancrage et l’adhésion populaire autour du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Après avoir achevé une première phase de consultations institutionnelles et étatiques, l’exécutif national se tourne désormais vers la société civile. L’objectif de cette démarche est d’exploiter la crédibilité et le maillage territorial exceptionnel des structures religieuses afin de rassurer les citoyens et de préparer le terrain pour les agents techniques.
Le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, qui pilote ce projet d’envergure nationale, a insisté sur le poids sociologique majeur de l’ECC. Présente sur l’ensemble du territoire national, l’institution religieuse servira de relais pour diffuser un message clair et contrer d’éventuelles réticences au sein des communautés locales lors des futures opérations de terrain.
Au-delà de sa portée purement statistique et de planification, le RGPH-2 est également présenté par les autorités comme un vecteur d’opportunités socio-économiques. Le ministre du Plan a annoncé l’ouverture prochaine d’un processus de recrutement massif.
Ce recrutement sera accessible à l’ensemble des Congolais, sans aucune distinction, incluant directement les membres des communautés religieuses. Un large éventail de postes sera à pourvoir pour assurer le déploiement logistique et l’exécution technique de cette cartographie humaine à travers le pays.
Du côté de l’Église du Christ au Congo, l’initiative gouvernementale a été accueillie favorablement. Le révérend docteur André-Gédéon Bokundoa, président de l’ECC, a confirmé la totale disponibilité de son institution à accompagner l’État congolais dans ce processus historique.
Pour le leader religieux, cette collaboration présente un double intérêt majeur : elle participe activement à l’effort de développement du pays tout en permettant à l’Église de bénéficier de données statistiques actualisées sur la répartition géographique de ses propres fidèles.
Cette concertation dans la capitale s’intègre dans une campagne globale de plaidoyer et de mobilisation sociale. L’enjeu est de doter enfin la RDC d’outils de planification fiables, 42 ans après le premier et unique recensement général de son histoire.
Notons que, la rencontre de Kinshasa marque la montée en puissance d’un processus dont la phase de sensibilisation a déjà débuté en provinces. Des tournées de terrain ont notamment été menées avec succès dans le Grand Équateur à Gbadolite, Gemena, Lisala, Mbandaka et Boende, ainsi que dans les provinces du Kongo-Central, du Kwilu et du Mai-Ndombe.













