Dialogue national en RDC : la société civile conteste les lignes rouges du pouvoir

Dialogue national en RDC : la société civile conteste les lignes rouges du pouvoir

Alors que le débat sur l’opportunité d’un dialogue national pour mettre fin à l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC divise les acteurs politiques et institutionnels, la société civile congolaise appelle à un processus inclusif, crédible et indépendant, axé à la fois sur la justice, la réconciliation nationale et la recherche d’une paix durable.

Par Patient MBY

En RDC, la question du dialogue inclusif entre Congolais pour résoudre la crise dans la partie Est du pays, en proie à l’insécurité depuis trois décennies, ne cesse de susciter débats et controverses au sein de la classe politique, des partenaires internationaux, de la société civile et des forces vives de la nation.

La société civile congolaise, qui s’invite comme partie prenante à ces éventuelles discussions, rejette la ligne rouge tracée par le président de la République, Félix Tshisekedi, visant à exclure certains protagonistes, notamment l’opposition armée, de la table du dialogue, et à imposer son organisation par les institutions de la République. Pour elle, « un dialogue placé sous le contrôle exclusif de l’État et des institutions de la République ne saurait inspirer confiance », indiquant que ce processus nécessite un cadre sûr et impartial aux standards internationaux.

Dans un communiqué publié ce jeudi, la société civile congolaise fixe le cadre. Selon elle, les conditions « restrictives et exclusives » posées par le chef de l’État pourraient donner lieu à un simulacre de dialogue, susceptible d’accoucher d’une souris. Cette démarche ressemblerait à « un monologue » contraire aux objectifs de la recherche de la paix durable poursuivis, ainsi qu’à la stabilité de la partie orientale du pays. L’exclusion d’une frange d’acteurs risquerait d’entamer la cohésion nationale, poussant les parties exclues à chercher des voies de contournement pour faire entendre leur voix, poursuit la société civile.

Alors que l’Union africaine a placé sa confiance en le président angolais João Lourenço pour mener des consultations dans la sphère politique congolaise, la société civile, sans contester cette démarche, exige la tenue du dialogue sous l’égide des évêques des confessions religieuses de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), de l’Union africaine et de la société civile, en vue de garantir la transparence et l’impartialité du processus, avec l’appui d’un pays expérimenté en organisation de discussions d’envergure au niveau national.

Se joignant à la vision de Félix Tshisekedi de prioriser la justice et la coercition pour les auteurs des « crimes contre la population », cette organisation citoyenne insiste sur la poursuite des enquêtes judiciaires, à condition que ces dernières ne servent pas de prétexte pour écarter certaines voix ou verrouiller le débat. Elle appelle à l’inclusion et à la réconciliation comme clés d’un dialogue réussi.

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