Dialogue en RDC : les 7 axes proposés par Martin Fayulu

Dialogue en RDC : les 7 axes proposés par Martin Fayulu

Dans une déclaration politique, l’opposant congolais Martin Fayulu plaide pour un dialogue national « sincère, inclusif et représentatif » afin de sortir la République démocratique du Congo de la crise multiforme qu’elle traverse. Il énumère sept axes prioritaires destinés à refonder la gouvernance et restaurer la cohésion nationale.

Par Pierre Kabakila

Face aux défis sécuritaires persistants, aux tensions politiques et aux fractures sociales, Martin Fayulu estime qu’un dialogue limité à quelques acteurs politiques ne saurait répondre aux attentes des Congolais. Selon lui, seule une démarche réellement inclusive, impliquant toutes les forces vives de la nation, peut ouvrir la voie à une paix durable et à un développement stable.
L’opposant insiste sur la nécessité d’associer, au-delà de la majorité et de l’opposition, la société civile, les confessions religieuses, les autorités traditionnelles, les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap, la diaspora ainsi que les groupes armés. Pour Fayulu, l’inclusivité ne doit pas être un slogan, mais un principe fondamental garantissant la légitimité du processus.

Sept axes prioritaires

Après avoir appelé à identifier les causes profondes de la crise congolaise, Martin Fayulu propose sept axes majeurs à inscrire à l’ordre du jour du dialogue :

  1. L’intégrité territoriale et la souveraineté nationale,
    accompagnées des réformes de l’armée et des services de sécurité.

2. La gouvernance éthique, incluant la rationalisation des finances publiques et la lutte contre la corruption, le détournement et l’enrichissement illicite.

3. La justice et les droits humains, avec un accent sur l’égalité de tous devant la loi.

4. Les réformes électorales, en vue de garantir des élections transparentes et crédibles en 2028.

5. La coexistence pacifique entre les communautés congolaises.

6. La stabilité régionale, notamment dans l’espace des Grands Lacs.

7.L’évaluation des résolutions issues des dialogues passés, depuis 1958, afin d’en mesurer l’application et d’en tirer une doctrine cohérente de gouvernance.

Restaurer la confiance

Martin Fayulu reconnaît que les précédents dialogues ont souvent suscité autant d’espoirs que de désillusions, en raison du manque d’application des résolutions adoptées. Il appelle ainsi à garantir la transparence du processus, la clarté des critères de participation et un engagement ferme dans la mise en œuvre des décisions prises.


Pour lui, le dialogue doit être un véritable instrument de résolution des conflits et non un simple exercice politique. « L’inclusivité ne signifie pas l’unanimité », souligne-t-il, estimant que les divergences doivent être organisées dans un cadre pacifique et constructif.

L’opposant salue l’acceptation du président angolais João Lourenço de parrainer ce processus, y voyant une opportunité à saisir pour bâtir un pacte national fondé sur la justice, la participation et le respect mutuel.
À travers cette feuille de route, Martin Fayulu entend repositionner le dialogue comme levier central de sortie de crise et de refondation de l’État congolais.

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