RDC : Mende attribue la déstructuration de l’armée à Joseph Kabila au profit du Rwanda

Lambert Mende, un nom qui rappelle plusieurs bons comme mauvais souvenirs. Quoi qu’il en soit, Mende, ancien ministre de la Communication et porte-parole des gouvernements sous Kabila, savait mettre tout le monde d’accord sur sa capacité à faire pencher la bataille de l’opinion par la force du verbe en faveur de l’ancien régime, pour lequel il était l’un des fervents défenseurs. Aujourd’hui, Lambert Mende assume son évolution, dictée, dit-il , par l’intérêt supérieur de la République.

Par Gédéon ATIBU

Grâce à sa longue et riche carrière politique, le député national Lambert Mende est un témoin privilégié de l’histoire politique congolaise au cours de ces trois dernières décennies. À ce titre, sa version des faits vécus ou entendus n’est certes pas une parole d’évangile, mais elle est déterminante dans la démarche qui vise à démêler le vrai du faux.

Malgré les longues années de collaboration avec Joseph Kabila, Lambert Mende n’hésite plus à dénoncer ce qu’il juge incompréhensible et abject après la fin de règne du prédécesseur de Félix Tshisekedi, qui a hérité d’une armée déstructurée par le fait du brasage et mixage.

« Il est évident que pour tout observateur objectif, il n’y avait finalement plus d’armée en République démocratique du Congo lorsque le président Joseph Kabila quitte son deuxième mandat. L’armée était totalement amenuisée. Ça été une politique désastreuse. […] Le brassage, c’était une façon de tuer notre armée parce quand vous confiez le commandement d’une armée à une force capable de devenir hostile par la suite à votre pays, c’est du suicide tout simplement », a-t-il indiqué.

L’opinion publique a semblé s’en rendre compte après les percées du M23 début 2025 et les prises de position de l’ancien chef de l’État sur cette question. « L’armée rwandaise est entrée sur notre territoire comme un couteau entre dans le beurre. Aucune résistance. L’armée congolaise était dirigée par des officiers félons qui ne faisaient que reculer, qui ne faisaient que nous amener de replis stratégiques en retraites non ordonnées. »

En effet, le mal s’est métastasé jusqu’à l’avènement du président Tshisekedi, dont les efforts et réformes menées à ce jour permettent aux FARDC de reprendre du poil de la bête sur le terrain des opérations. Fidèle collaborateur de Joseph Kabila, Lambert Mende se pardonne d’avoir été « floué » et « manipulé » pendant de nombreuses années. « Il ne faut pas faire de reproches aux gens qui reconnaissent qu’ils ont été conduits vers une voie sans issue. Il faut peut-être reprocher au capitaine d’avoir mené le skiff vers cette direction- là », a-t-il ajouté.

Au sujet du débat autour de la révision ou changement de la Constitution, Lambert Mende se dit favorable à un texte fondateur qui s’adapte aux réalités de l’heure et à l’évolution sociétale.

« Nous fonctionnons avec une Constitution qui a été redirigée pour mettre fin à la guerre, pour satisfaire des belligérants. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une Constitution de développement, une Constitution qui reflète la maturité de notre démocratie et non plus les compromis de la transition », a déclaré le PCA des Lignes Maritimes Congolaises.

En réaction à l’opposition qui accuse le président Tshisekedi de vous vouloir se représenter pour un nouveau mandat électif, M. Mende qualifie cela d’un « procès d’intention ». « Il ne faut pas faire de procès d’intention. On ne change une Constitution pour un individu, on la change pour la nation. Si le peuple estime, par référendum ou par ses représentants, qu’il faut modifier le mode de scrutin ou la durée des mandats pour plus de stabilité, c’est un débat démocratique qui doit avoir lieu sans tabou. », a-t-il souligné.

En rempant avec l’héritage militaire de l’ancien régime, Lambert Mende se positionne désormais comme un défenseur de la souveraineté nationale sous l’ère Tshisekedi. Sa lecture critique du passé et son plaidoyer pour une nouvelle Constitution témoignent d’une volonté de tourner la page des compromis post- conflit.

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