Conférence des gouverneurs en RDC : encore une de plus, mais pour quels résultats ?

Le mardi 24 mars dernier, la 13ᵉ conférence des gouverneurs s’est ouverte à Bandundu-ville, dans la province du Kwilu, en présence de Félix Tshisekedi. Comme à chaque édition, cette rencontre réunit les gouverneurs autour du pouvoir central pour discuter des grands enjeux de gouvernance en République démocratique du Congo. Cette fois-ci, les échanges sont orientés vers la transformation du secteur agricole, le développement rural et la connexion entre les zones de production et les marchés urbains, selon des informations relayées par les officiels congolais.

Par Gédéon ATIBU

Le débat est donc centré sur une priorité stratégique, présentée comme une solutions pour relancer l’économie et améliorer les conditions de vie des Congolais.

Mais derrière ces objectifs ambitieux, le scepticisme des Congolais demeure toujours entier. Car ce n’est pas la première fois qu’une conférence des gouverneurs promet des réformes et des changements radicaux pour réveiller le géant endormi au coeur de l’Afrique. Depuis des années maintenant, ces rencontres se sont multipliées, avec des résolutions souvent bien formulées, mais dont les effets sur le terrain sont invisibles ou presque. Pendant ce temps, la majorité des Congolais continue de faire face à des conditions de vie précaires, marquées par la cherté de la vie, des salaires insuffisants et un accès limité aux services de base comme la santé ou les infrastructures.

Sur le plan sécuritaire, la situation est encore beaucoup plus préoccupante. Dans l’Est du pays, les violences persistent et continuent d’endeuiller les populations suite à l’activisme de plusieurs milices dont les plus menaçantes demeures les ADF, les CODECO, le M23, etc. Malgré les stratégies annoncées lors de ces conférences, l’insécurité se prolonge dans la durée. Ce décalage entre les décisions prises dans les salles de réunion et la réalité sur le terrain renforce l’idée que ces assises peinent à produire des résultats concrets, notamment sur les questions les plus urgentes pour la population.

Un autre point faible souvent relevé est le manque de suivi des décisions. Après chaque conférence, les gouverneurs retournent dans leurs provinces, déposent les résolutions dans les tiroirs, attendant la conférence à venir de sorte que les engagements pris semblent souvent rester sans application réelle. Il devient donc impératif que le chef de l’État, la cheffe du gouvernement et le ministre de l’Intérieur mettent en place un mécanisme strict de contrôle et d’évaluation. Sans un suivi rigoureux, ces conférences risquent de se limiter à de simples échanges sans impact réel sur la vie des citoyens au point de passer dans l’opinion publique comme un vrai passe-temps.

Point n’est besoin de le rappeler, cette nouvelle conférence intervient dans un contexte où les attentes sont énormes. Les Congolais espèrent des améliorations concrètes : une baisse du coût de la vie, des salaires décents, des services de santé accessibles et un retour de la sécurité, surtout dans l’Est. Si ces attentes ne sont pas satisfaites, ces rencontres, qui mobilisent des moyens financiers importants, risquent d’être perçues comme un simple rituel, voire un gaspillage des ressources publiques. Le véritable défi reste donc le même : transformer les paroles en actions visibles et durables.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.