RDC : Une patiente agressée, toute une nation indignée

Une vidéo insoutenable montrant une patiente agressée dans un hôpital de Kinshasa suscite une vive indignation en RDC. Entre accusations de violences graves, atteinte à la dignité humaine et appels à des sanctions exemplaires, l’affaire relance le débat sur les dérives au sein du système de santé congolais.

Par Reporter. CD

Les images montrent une femme agressée par un médecin dans un établissement hospitalier de Kinshasa. La scène, filmée visiblement par le bureau de la patiente lui-même, a profondément bouleversé l’opinion publique, qui exprime, depuis, une forte indignation face à ce qui est perçu comme un acte inhumain et indigne du corps médical.

D’après les informations relayées, bien qu’elles restent à corroborer par les sources officielles, la victime venait d’accoucher et subissait des soins après une déchirure. C’est pourtant à ce moment qu’elle aurait été frappée par le médecin pour des raisons non encore élucidées. Plus grave encore, la scène a été filmée alors que la patiente était nue, exposée et sans défense. Pour beaucoup, cette situation dépasse le cadre d’une simple faute professionnelle : elle constitue une atteinte grave à la dignité humaine et aux droits fondamentaux de la patiente.

Dans une réaction ferme sur X ce jeudi 26 mars, le professeur Félix Momat a dénoncé une dérive morale et professionnelle inquiétante dans le domaine médical. Le gynécologue décrit une situation qui viole les règles les plus élémentaires de la médecine, notamment le respect du patient, l’obligation de soins sans violence et les conditions minimales d’hygiène et de sécurité. Il évoque aussi des sévices physiques, verbaux et psychologiques, ainsi qu’un environnement médical inadapté, loin des normes « d’asepsie ». Pour lui, de tels actes ne peuvent pas être considérés comme de simples erreurs : ils relèvent d’une véritable faute grave qui engage la responsabilité pénale, disciplinaire et administrative de toutes les personnes impliquées.

« De tels agissements ne sauraient être considérés comme de simples écarts professionnels. Ils relèvent d’une véritable Criminalité médicale engageant la responsabilité pénale, ordinale et administrative de tous les protagonistes, du médecin violent aux infirmières complices jusqu’aux diffiseurs d’image et à la structure sanitaire impliquée. Il appartient à la justice, aux ordres professionnels et aux autorités sanitaires de réagi avec exemplarité afin de restaurer la sacralité de la médecine », écrit l’ex-vice-ministre congolais du Budget.

En même temps, dans tout le pays, des voix s’élèvent pour dénoncer cet acte. Sur les réseaux sociaux, particulièrement, de nombreux citoyens, acteurs de la société civile et professionnels de santé expriment leur colère. Plusieurs appellent à des sanctions exemplaires contre le médecin mis en cause, identifié comme le Dr David Balanganayi. Certains demandent clairement sa radiation de l’ordre des médecins, estimant qu’un tel comportement n’a pas sa place dans la profession médicale.

Selon certaines sources, le médecin concerné serait déjà entendu par les instances de l’ordre des médecins à Kinshasa. Cette démarche est vue comme un début de réponse, mais elle reste insuffisante pour une opinion publique encore sous le choc. Beaucoup attendent que la justice se saisisse du dossier et que des mesures fortes soient prises pour restaurer la confiance dans le système de santé en RDC.

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