Dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, l’intensification des combats entre groupes armés et forces régulières plonge les populations civiles dans une crise humanitaire alarmante. Human Rights Watch dénonce de graves entraves à l’acheminement de l’aide et appelle à une réaction urgente de la communauté internationale.
Par Pierre Kabakila
Selon l’ONG, les forces armées congolaises, les groupes Wazalendo ainsi que les rebelles du M23 et leurs alliés du Twirwaneho empêchent non seulement l’accès des humanitaires, mais aussi la fuite des civils pris au piège des affrontements. Dans cette région enclavée, les populations vivent dans la peur constante des exactions, alors que les voies d’évacuation restent bloquées et que les besoins humanitaires explosent.
Les enquêtes menées notamment à Minembwe et à Baraka révèlent une dégradation rapide de la situation sécuritaire, aggravée par la multiplication des frappes de drones signalées depuis fin 2025. Ces attaques, dont les responsabilités restent floues, ont déjà causé des pertes civiles et des destructions d’infrastructures, y compris des lieux de culte et des médias communautaires.
Parallèlement, les groupes armés sont accusés d’abus graves contre les populations.
Le Twirwaneho imposerait des enrôlements forcés et empêcherait les habitants de quitter certaines zones, tandis que des éléments Wazalendo sont pointés du doigt pour des arrestations arbitraires, des extorsions et des violences ciblées, notamment contre certaines communautés locales.
Le retrait de la mission onusienne MONUSCO du Sud-Kivu en 2024 a contribué à un vide sécuritaire, favorisant l’escalade des violences. Face à cette situation, Human Rights Watch exhorte le Conseil de sécurité de l’ONU à exiger un accès humanitaire sans entrave et à envisager des sanctions contre les responsables d’exactions.
Dans ce contexte critique, l’organisation appelle également les autorités congolaises à enquêter de manière impartiale sur les abus commis et à rétablir la protection des civils. Sans intervention rapide et coordonnée, préviennent les observateurs, la crise dans les Hauts Plateaux risque de s’aggraver davantage, au détriment des populations déjà fragilisées













