Ouvert, amusant et direct, le président de la République a abordé des questions sensibles qui défrayent le débat public dans le pays. De l’accueil des migrants étrangers à Kinshasa à la perspective d’un troisième mandat, en passant par la révision de la Constitution, les sanctions contre Joseph Kabila et les accords de Washington. Pour l’ancien ministre Félix Kabange Numbi, cette sortie médiatique de Félix Tshisekedi était teintée de plusieurs ambiguïtés.
Par Patient MBY
Dans une tribune publiée jeudi 07 mai, l’ancien ministre du régime de Joseph Kabila a démantelé sept contradictions dans la conférence du président de la République. Au sujet de l’impossibilité de l’organisation des élections générales en 2028 suite à l’occupation des villes de Goma et de Bukavu, Félix Kabange rappelle que les scrutins de 2023 se sont tenus sans le Rutshuru, alors contrôlé par l’AFC-M23, indiquant que les élus de ce territoire de l’ancienne législature siègent encore à l’Assemblée nationale. Pour lui : « la guerre n’a pas empêché les élections. Elle n’explique pas pourquoi 2028 serait différent ».
« Ce qu’il n’a pas dit mérite pourtant d’être dit. Déclarer les élections de 2028 impossibles tout en préparant un référendum constitutionnel, c’est choisir de consulter le peuple par la voie qui permet un troisième mandat, pendant que le Nord et le Sud-Kivu restent en guerre. La séquence est lisible », a-t-il déclaré.
L’ex-ministre des Affaires foncières a révélé une « confusion » du chef de l’État sur le parallélisme établi entre la situation de la RDC et celle de l’Ukraine, soulignant que Kiev est attaquée par la Russie, un pays souverain de surcroît, ce qui relève d’un conflit interétatique reconnu par le droit international, alors que la République démocratique du Congo est rongée par un mouvement rebelle (AFC-M23), avec qui Kinshasa discute en Suisse dans le cadre du processus de Doha.
Par ailleurs, les excuses de Félix Tshisekedi concernant ses propos sur « la moindre escarmouche » tendant à déclarer la guerre au Rwanda. Lors de cette conférence, Félix Tshisekedi avait avoué qu’il avait reçu de fausses informations sur les capacités des FARDC à mener une offensive. Pour M. Kabange, ce mea culpa est un aveu d’ignorance de « l’état réel de ses forces armées depuis le sommet de la hiérarchie militaire » et soulève une question à laquelle il n’a pas répondu.
Félix Kabange a vivement critiqué les affirmations de Félix Tshisekedi au sujet de Joseph Kabila. Selon lui, le chef de l’État ne détiendrait pas de preuves exactes sur l’implication de Joseph Kabila dans l’AFC-M23, alors que la justice militaire n’a fourni aucune preuve, « ce qui est une preuve de procédure grave ».
Le ministre honoraire de l’Aménagement du territoire a critiqué les contradictions de Félix Tshisekedi, indiquant qu’elles relèvent moins d’une erreur de communication que d’un mode de gouvernance. Il a réitéré son opposition au changement de la Constitution et au troisième mandat potentiel du régime actuel.













