Par MEDINA
Dans le cadre de sa session ordinaire, le Conseil Économique et Social (CES) a présenté via sa commission santé, Affaires sociales et culturelles un avis crucial sur les principes et l’éthique du personnel soignant en République Démocratique du Congo ce vendredi 8 Mai 2026. Face à un système de santé en pleine mutation, l’institution consultative exhorte les professionnels à placer l’humain au centre de leurs préoccupations, tout en interpellant l’État sur la nécessité d’améliorer les conditions de vie de ces soldats de la vie.
Alors que la RDC s’est engagée dans la voie de la couverture Santé Universelle, la question de l’éthique professionnelle revient au cœur du débat public. Pour le Conseil Économique et Social, la compétence technique ne suffit plus ; elle doit impérativement s’accompagner d’une intégrité morale sans faille.
L’avis présenté par le CES rappelle que l’éthique médicale ne doit pas être un concept abstrait, mais une pratique quotidienne reposant sur quatre principes fondamentaux à savoir : la Bienfaisance ; L’obligation d’agir pour le plus grand bénéfice du patient, La Non-malfaisance; Le principe de ne pas nuire, essentiel dans un contexte de ressources limitées, l’Autonomie; le respect scrupuleux du choix et de la dignité du patient et enfin la Justice pour l’accès équitable aux soins pour tous, sans discrimination sociale ou financière.
L’institution n’a pas manqué de souligner les dérives observées sur le terrain, souvent liées à la précarité du secteur. Le CES regrette que le système de santé congolais soit encore marqué par des barrières financières qui poussent parfois certains agents à s’écarter de leur serment.
« L’éthique ne peut s’épanouir dans la misère », a souligné le rapporteur du Conseil. Le conseil économique et social insiste sur le fait que la gouvernance du secteur santé et l’amélioration des conditions de travail sont les fondations indispensables d’un comportement éthique durable.
Pour remédier à la crise de confiance entre la population et les structures sanitaires, le CES préconise plusieurs mesures concrètes telles que : le renforcement de la formation continue sur les questions de déontologie et de droit des patients, l’application stricte des sanctions par les ordres professionnels des Médecins, Infirmiers, Pharmaciens en cas de manquement avéré, l’alignement effectif des primes de risque pour décourager les pratiques de monnayage des soins.
Cette sortie du Conseil Économique et Social intervient alors que des organisations comme la Société congolaise des sciences infirmières (SOCSI) s’apprêtent également à lancer des initiatives pour valoriser la production scientifique et l’excellence professionnelle.
Notons, le CES martèle que le développement durable de la nation passe par une santé de qualité, laquelle est impossible sans un personnel soignant respectueux de l’éthique et protégé par l’État.













