Ascension encadrée de Véron Mosengo-Omba à la tête de la FECOFA : entre quête de gloire bon marché et fuite de l’émulation par trafic d’influence

Véron Mosengo-Omba participera en solo à l’élection attendue le 20 mai, à la présidence de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Alors que neuf candidats étaient entrés en lice pour briguer la direction de cette instance de gestion du football congolais, le chemin est aujourd’hui totalement dégagé pour une seule personne.

Par Patient MBY

Fin mars dernier, Véron Mosengo, 66 ans, démissionne du secrétariat de la Confédération africaine de football, après cinq ans à la tête de l’administration du football africain. Les raisons réelles de cette retraite ne sont pas évoquées. Mosengo parle de « soupçons que certaines personnes se sont donné beaucoup de mal à faire peser sur moi ». Pourtant, derrière cette décision difficile se cachaient des gages et des assurances de la poursuite de sa carrière en RDC.

Tout paraissait être tracé. Bien avant les échéances électorales, Véron Mosengo a été interrogé sur France 24 au sujet d’un soutien personnel du président congolais Félix Tshisekedi à sa candidature. En bon stratège, il a balayé ces allégations d’un revers de la main, indiquant que le chef de l’État peut aimer le football, mais qu’il donnerait la chance à tous les candidats de concourir.

Au moment du dépôt des candidatures, les légendes du football congolais apparaissent : Aziz Makukula, ancien international congolais ayant joué pour le Portugal, et Shabani Nonda, qui a presque la même carrure, mais qui avait choisi de porter les couleurs nationales. À leurs côtés se joignent Bosco Mwehu, Didier Massamba, Jean-Claude Mukanya, Kevin Issa, Max Mayaka, Patrice-Rainier Mangenda et Véron Mosengo.

Mais la dualité Nonda-Makukula va enflammer le débat dans les médias. Une opinion estimait qu’Aziz Makukula peut relever le niveau du football congolais grâce à son expérience avec le Portugal, alors qu’une autre préférait Shabani Nonda, arguant que ce dernier avait fait montre de patriotisme en choisissant les Léopards dans « les moments difficiles », là où Makukula avait tourné le dos à la RDC. Dans cette rivalité médiatique éphémère, Mosengo était serein et charismatique, comme un lion qui attend de sauter sur sa proie. Pourtant, la présence du Guinéen Amadou Diaby avait suscité une polémique.

Quelques jours après, les choses se cristallisent. La FECOFA juge irrecevables six candidatures. Une décision très contestée par les prétendants. Face à cette invalidation, Aziz Makukula et Shabani Nonda se retirent de la course pour des raisons de convenance personnelle. Sur la liste, il ne restait plus que trois personnes. À la surprise générale, Bosco Mwehu et Jean-Didier Massamba se désistent.

Le terrain est maintenant dégagé. L’ancien secrétaire général de la CAF reste seul. Selon une révélation de Jeune Afrique, le candidat Véron Mosengo-Omba a bénéficié du soutien direct de Félix Tshisekedi et serait proche du ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu. Ils ont été aperçus côte à côte au Mexique lors de la qualification des Léopards pour la Coupe du monde. Ce qui met en lumière l’influence et l’ingérence de la politique politicienne dans le football.

Comme le disait Pierre Corneille : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », Mosengo a opté pour la facilité à la place de la combativité, le trafic d’influence au lieu de l’émulation. Dans ce contexte, le scrutin n’a pas besoin d’être organisé, si ce n’est pour gaspiller l’argent du contribuable.

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