La communauté internationale continue de se mobiliser pour aider la République démocratique du Congo à faire face à l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement l’est du pays. Après l’annonce d’une aide américaine de 13 millions de dollars, l’Afrique du Sud a débloqué 2,5 millions de dollars tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a accordé 500 000 dollars supplémentaires. L’OMS indique également avoir déjà engagé près de 4 millions de dollars pour soutenir les premières opérations de riposte dans les zones touchées.
Le Royaume-Uni a aussi décidé d’apporter son soutien. À l’issue d’échanges avec le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, Londres a annoncé une aide de 20 millions de livres sterling, soit plus de 25 millions de dollars américains. Cet argent servira notamment à améliorer l’accès à l’eau potable, renforcer l’hygiène et l’assainissement, protéger les populations exposées et soutenir la santé des femmes et des jeunes filles à travers des programmes spécialisés.
De son côté, la Norvège a annoncé une contribution de 50 millions de couronnes norvégiennes, soit environ 5,4 millions de dollars américains. Cette aide intervient alors que l’épidémie déclarée le 15 mai en Ituri continue d’inquiéter les autorités sanitaires et la population congolaise. La riposte est difficile à mener à cause des conflits armés, les déplacements de population et la crise humanitaire qui frappe la région. Selon l’OMS, la souche du virus en circulation ne dispose ni d’un vaccin approuvé ni d’un traitement.
Toutes ces annonces montrent que les partenaires de la RDC prennent la menace au sérieux. Grâce à ces millions de dollars, la population peut espérer une meilleure organisation de la riposte dans les prochains jours. Cependant, plusieurs observateurs déplorent déjà une certaine méfiance de la population vis-à-vis des équipes sanitaires. Cette résistance risque de compliquer le travail des intervenants si elle n’est pas rapidement combattue par une bonne sensibilisation.
Mais une question reste posée : combien la RDC a-t-elle elle-même mobilisé pour lutter contre cette épidémie ? Alors que les États-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Afrique du Sud, l’OMS, l’ONU et l’Union africaine annoncent des financements, l’effort financier du gouvernement congolais reste peu visible. Beaucoup craignent que le pays compte essentiellement sur ses partenaires alors que la riposte peine encore à être organisée correctement comme lors de l’épidémie de 2018. Si les moyens promis ne sont pas rapidement transformés en actions concrètes sur le terrain, le risque demeure de voir Ebola continuer à faire de nombreuses victimes dans le pays.












