Épidémie d’Ebola en Ituri : la MONUSCO renforce la sensibilisation sur le terrain

Par MEDINA

La Mission de l’ONU en RDC MONUSCO intensifie ses campagnes de sensibilisation en Ituri. Alors que l’épidémie d’Ebola a déjà fait plus de 200 morts en dix jours, les équipes onusiennes luttent sur le terrain contre les rumeurs et le déni communautaire.

La riposte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ne se joue pas seulement dans les centres de traitement, mais aussi sur le terrain de la communication. Dans un communiqué publié ce lundi 25 mai 2026 à Bunia, la MONUSCO a annoncé le renforcement de ses actions de sensibilisation dans la province de l’Ituri, un déploiement dicté par une urgence sanitaire de plus en plus critique.

Selon les dernières données des autorités sanitaires congolaises, le bilan est lourd, plus de 200 décès ont déjà été enregistrés dans la province depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 16 mai 2026.

Sur place, les acteurs humanitaires et les équipes médicales se heurtent à un obstacle de taille, la méfiance des populations. Le communiqué, signé par Jean-Tobie Okala, responsable des communications de la MONUSCO en Ituri, souligne que la riposte fait face à une vague de désinformation, à des croyances mystiques et au déni de la maladie.

« C’est sérieux, cette histoire d’Ebola. Il y a beaucoup de morts, y compris dans mon voisinage. Mais malheureusement, certains pensent que c’est une invention », témoigne un habitant de Bunia cité dans le document officiel.

Pour briser ces résistances, la mission onusienne déploie ses capacités logistiques et humaines. Le 23 mai dernier, des Casques bleus bangladais et l’équipe de liaison communautaire des Affaires civiles ont mené une vaste campagne mobile à l’aide de mégaphones dans la localité de Rhoo dans le territoire de Djugu. Le message clé martelé aux populations est direct : Ebola « n’est ni une invention ni une croyance mystique », mais une pathologie mortelle. Les équipes rappellent fermement les gestes barrières essentiels : lavage des mains, évitement des contacts physiques, port du masque et signalement immédiat des cas suspects.

La stratégie de la MONUSCO cible prioritairement les zones à forte promiscuité et à forte mobilité, où le risque de propagation du virus est démultiplié. Les activités de sensibilisation ont ainsi été étendues au village de Seseti Blukwa-État et jusqu’à une base des Forces armées de la RDC (FARDC) sur la colline de Ruu. Cet axe routier reliant Bunia, Bule, Fataki et Rhoo connaît d’importants mouvements de population.

L’inquiétude majeure se focalise sur le site de déplacés de Rhoo. Selon l’ONG AIDES, qui gère le site, la population y est passée de 54 871 personnes en avril 2026 à 61 222 aujourd’hui. Cette explosion démographique en pleine crise sanitaire accentue la vulnérabilité des déplacés.

Pour la MONUSCO, le succès de la riposte dépendra de la capacité des acteurs à restaurer la confiance. La mission rappelle que la lutte contre Ebola ne se gagnera pas uniquement avec des moyens médicaux, mais par une communication de proximité adaptée aux réalités locales.

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