Alors qu’une relative accalmie est observée depuis plusieurs jours sur certaines lignes de front dans l’Est de la RDC, le territoire de Masisi reste l’un des principaux foyers des affrontements entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23. Depuis plusieurs jours, les combats se multiplient autour de la cité minière de Rubaya, une zone stratégique que les deux camps cherchent à contrôler. Les affrontements ont été particulièrement intenses à Kanyaru, une agglomération située à environ un kilomètre de Rubaya, où les FARDC appuyées par les wazalendo avaient annoncé une avancée importante le mardi dernier.
Selon plusieurs sources locales, les forces gouvernementales et leurs alliés avaient réussi à entrer à Kanyaru après de violents combats contre les rebelles. Cette progression avait rapidement provoqué une vague de messages sur les réseaux sociaux affirmant que les wazalendo étaient déjà aux portes de Rubaya. Des habitants ont commencé à fuir la cité minière, craignant de nouveaux affrontements dans cette zone. Mais quelques heures plus tard, les rebelles de l’AFC/M23 ont lancé une contre-offensive avec des renforts venus de Rubaya, obligeant les FARDC et leurs alliés à se replier vers Kibabi, vers le sud.
Cette nouvelle escalade montre que la situation est loin de se stabiliser malgré les efforts de paix en cours. D’après des informations, plusieurs localités auraient été reprises par les rebelles ces dernières heures, notamment Gasenyi, Bukinanyana, Bushiha, Bukumbiriri, Nkokwe, Runigi, Karunga, Nyakigano, Miruta, Musheberi et Kavuta. Même si ces informations n’ont pas encore été confirmées officiellement par les autorités militaires, elles démontrent que les combats sont bel et bien intenses dans cette partie du Nord-Kivu, où chaque camp tente d’avancer ou de récupérer des positions.
Masisi reste ainsi le territoire le plus instable du moment dans le conflit opposant les FARDC au M23. Le dimanche 24 mai dernier déjà, cette zone avait connu une journée particulièrement tendue marquée par une guerre de drones entre les deux camps. Des frappes avaient visé plusieurs agglomérations dans les territoires de Masisi et de Rutshuru, causant d’importants dégâts matériels. Des explosions avaient été signalées le matin dans certaines positions avant que d’autres frappes ne soient enregistrées dans l’après-midi.
Au-delà des combats au sol, plusieurs observateurs notent justement une évolution dans les méthodes utilisées par les belligérants. L’utilisation récurrente des drones armés montre que le conflit prend une dimension de plus en plus technologique dans cette partie du Nord-Kivu. Même lorsque les lignes de front semblent momentanément calmes, les attaques aériennes continuent de s’intensifier. À Rubaya et dans les localités voisines, certains habitants racontent avoir passé plusieurs heures cachés dans leurs maisons ou dans la brousse après les explosions enregistrées ces derniers jours.
Pendant ce temps, les conséquences humanitaires deviennent de plus en plus lourdes pour les populations civiles. À Rubaya et dans plusieurs villages environnants, de nombreuses familles continuent de quitter leurs maisons pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres. Des habitants parlent d’une peur permanente alimentée par les bombardements, les tirs d’armes lourdes et les changements fréquents de contrôle des localités. Plusieurs écoles et activités économiques restent paralysées, notamment autour des sites miniers qui constituent un enjeu majeur dans cette guerre.
Malgré les appels au cessez-le-feu et les discussions diplomatiques en cours, les combats dans le Masisi montrent que la situation reste loin d’être stabilisée. Chaque nouvelle avancée d’un camp entraîne rapidement une contre-attaque de l’autre, prolongeant l’insécurité dans cette partie du Nord-Kivu.












