Épidémie d’Ébola : le gouvernement congolais mise sur un anticorps développé par les Américains contre le virus Bundibugyo

Le gouvernement congolais a amorcé des négociations avec Washington pour obtenir un anticorps monoclonal développé par les Américains contre les souches Bundibugyo, Zaïre et Soudan de la maladie à virus Ébola. Cette annonce a été faite par le ministre de la Santé publique et de la Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, lors du briefing de presse coanimé avec Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement.

Par Patient MBY

Le gouvernement compte sur les États-Unis pour lutter contre la 17e épidémie d’Ébola en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ouganda, déclarée « urgence de santé publique » par l’OMS. Au-delà des assistances financières et des aides humanitaires, Kinshasa négocie un anticorps pour combattre le virus Ébola, dont la souche Bundibugyo ne dispose ni de vaccin ni de traitement.

« Nous sommes actuellement en négociation. Enfin, pas en négociation, nous avons demandé aux Américains de nous disponibiliser cette molécule-là pour pouvoir traiter les malades, parce qu’ils en ont. Donc, nous avons fait la demande officielle, nous avons déjà beaucoup échangé avec eux et je pense que, dans les jours qui viennent, on va voir », a déclaré Samuel Roger Kamba.

Les autorités sanitaires procéderont à un essai clinique après l’acquisition de cette molécule, avant de l’administrer aux patients. Selon le ministre, cet anticorps monoclonal, inventé à l’occasion de la souche Zaïre dans les années précédentes, avait dès lors été soumis à des tests en laboratoire et à des phases d’évaluation, sans être appliqué en raison de l’absence de la souche appropriée, en l’occurrence Bundibugyo.

Dans l’entre-temps, les équipes de riposte utilisent des traitements non spécifiques pour lutter contre l’épidémie, notamment des antiviraux et des médicaments généraux pour traiter les malades atteints d’Ébola, en fonction des signes manifestés par le patient. Ces traitements sont déployés à travers le pilier de la prise en charge ainsi que celui de la communication des risques et de l’engagement communautaire (CREC).

« En attendant, la prise en charge se fait de manière symptomatique, c’est-à-dire que le malade qui est déshydraté parce qu’il a une gastro-entérite, qu’il a une diarrhée, il faut le réhydrater. Le malade qui a bien entendu développé une détresse respiratoire, il faut s’occuper de cette détresse respiratoire. Le malade qui a développé une grosse anémie parce qu’il a perdu beaucoup de sang, il faut le prendre en charge sur ce plan-là », a-t-il ajouté.

Les équipes gouvernementales et les partenaires ont engagé une campagne de sensibilisation communautaire auprès des leaders d’opinion locaux, notamment les chefs coutumiers, les représentants des confessions religieuses et les ONG, ainsi qu’auprès des élèves pour le respect des mesures barrières dans les salles de classe. Roger Kamba a exhorté la population à éviter la manipulation des personnes décédées d’Ébola.

L’épidémie de la maladie à virus Ébola poursuit sa propagation dans l’Est du pays et en Ouganda. La maladie compte plus de 200 morts, 101 cas confirmés, 904 cas suspects et plus de 1 800 contacts. Les zones de santé de Bunia, Mongwalu, Rwampara, Nyankunde, Bambu, Nizi et Kilo sont touchées en Ituri, tandis que Goma, Butembo, Katwa et Miti Murhesa sont également affectés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les conflits armés persistants dans ces contrées entravent une réponse humanitaire adéquate.

Face à l’aggravation de la situation sanitaire et humanitaire, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que le directeur exécutif chargé des urgences, sont attendus ce vendredi à Bunia, dans la province de l’Ituri, épicentre d’Ébola. Cette visite intervient dans un contexte où le virus Bundibugyo continue de ravager l’Est de la RDC et l’Ouganda, avec un risque élevé de transmission dans d’autres pays africains.

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