L’opposition congolaise passe à la vitesse supérieure dans sa lutte contre le changement de la Constitution. Réunis ce mercredi devant le siège du parti Écidé, les leaders de la coalition Article 64 (C64) ont appelé à une journée ville morte le 03 juin prochain pour dénoncer « la rébellion de Félix Tshisekedi contre la Constitution ».
Par Patient MBY
Cet appel à manifester fait suite à l’ouverture du débat sur la loi sur le référendum à l’Assemblée nationale ce mardi. À l’issue d’une réunion de circonstance de la C-64, à laquelle ont pris part notamment Martin Fayulu et Delly Sessanga, l’opposition compte sur la population comme bouclier contre le changement de la Constitution.
Dans sa déclaration, Martin Fayulu, président du parti Écidé et membre de cette coalition de l’opposition, a dénoncé une loi qui tend à formaliser la balkanisation du pays, alors qu’une partie du territoire est déjà sous l’occupation des rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda. Fayulu appelle la population à faire échec aux manœuvres de réforme de la Constitution, qu’il qualifie de « rébellion de Félix Tshisekedi contre la Constitution ».
« Tshisekedi s’est accordé avec Kagame pour la partition de la RDC. Ce qui vient de se passer là, c’est une tentative de balkanisation du pays. Il a décidé de donner à Kagame l’Est du pays. Alors, il faut que nous combattions ce projet-là jusqu’au bout », a déclaré Martin Fayulu, soulignant la nécessité de mener des actions sur le terrain pour empêcher cette entreprise.
À l’Assemblée nationale, la loi sur le référendum proposée par le professeur Gaspard Ngondankoy divise l’hémicycle. Lors du lancement des discussions, les députés de l’opposition ont quitté la plénière, dénonçant une proposition de loi tendant à rallonger les mandats du président de la République et à réduire les compétences constitutionnelles des provinces afin de « consolider la dictature », contre les attentes de la population, notamment l’intégrité territoriale, l’unité nationale et le développement. Le groupe parlementaire « Ensemble » a, dans sa déclaration, estimé que la proposition de loi référendaire déjà sous examen est « suicidaire pour le pays ».
De son côté, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a pris acte de ce boycott, soutenant que l’examen de cette loi ne signifie pas la tenue d’un référendum proprement dit. Pour lui, l’opposition ne peut pas restreindre la liberté d’expression de la population.












