Crise du M23 : les États-Unis et la Suisse tentent de sauver le processus de paix aujourd’hui au point mort

Les efforts diplomatiques relatifs à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC se dirigent peut-être vers une nouvelle phase après plusieurs mois de stagnation. Des délégués américains et suisses ont récemment effectué une mission dans la région afin d’évaluer l’évolution des discussions engagées entre Kinshasa et l’AFC/M23. Cette démarche, rapporte-t-on, intervient après plusieurs rounds de négociations sans résultats en Suisse depuis avril 2025. Puis, face à l’essoufflement des négociations, les États-Unis se sont impliqués en organisant d’autres assises à Montreux.

La semaine dernière à Kinshasa, les représentants américains et suisses ont rencontré les négociateurs du gouvernement congolais pour faire le point sur l’application de 2 protocoles déjà signés à Doha. Mais sur plusieurs questions importantes, les avancées sont minimes. Les engagements concernant la libération des prisonniers et le respect du cessez-le-feu ne sont toujours pas effective. Plus d’une année après le lancement des discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23 en avril 2025, les combats continuent dans l’Est.

Les médiateurs suisses devaient ensuite poursuivre leur mission à Goma. Cependant, selon des informations, les inquiétudes liées à la situation d’Ebola dans la région les ont poussés à s’arrêter finalement à Gisenyi, au Rwanda. Des représentants de l’AFC/M23 ont alors traversé la frontière pour participer aux discussions organisées les 26 et 27 mai. Selon plusieurs sources proches du dossier, les États-Unis souhaitent désormais une implication plus importante de la Suisse afin d’empêcher un blocage total du processus diplomatique.

Au cœur des échanges figure notamment le dossier stratégique de Rubaya, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu. Ce site minier riche en minerais (capitale mondiale du coltan) reste un point sensible dans les discussions actuelles. Les États-Unis s’intéressent particulièrement à cette zone dans le cadre des accords miniers conclus avec Kinshasa l’année dernière. De son côté, l’AFC/M23 avait déjà affirmé sa disponibilité à discuter directement avec Washington autour de la gestion de ce site. Cette dimension économique et minière apparaît désormais comme un élément important des négociations menées, en plus de questions sécuritaires et politiques.

Mais pendant que les médiateurs tentent de relancer les discussions, les affrontements continuent sur le terrain. Rubaya reste actuellement au coeur d’affrontements entre les rebelles et l’armée congolaise. Les FARDC poursuivent des offensives au sol et dans les airs contre les positions du M23, des attaques de drones ayant encore été signalées ces derniers jours. Malgré les cessez-le-feu déjà annoncés à plusieurs reprises depuis le début des pourparlers, les violences continuent.

Cette absence de résultats visibles commence à décourager dans les provinces touchées par la guerre. Depuis avril 2025, plusieurs annonces de paix, des accords de principe et des engagements politiques ont été présentés comme des pas vers une sortie de crise. Pourtant, sur le terrain, les habitants continuent de vivre dans l’insécurité, les déplacements des population se poursuivent et les combats n’ont jamais réellement cessé. Beaucoup de Congolais ne savent plus exactement quand cette crise prendra fin ni si les négociations actuelles peuvent encore produire des résultats concrets.

Pendant ce temps, l’AFC/M23 continue de se bomber le torse sur les territoires sous son contrôle. Le secrétaire permanent du mouvement, Benjamin Mbonimpa, a déclaré qu’il n’y aurait jamais de retour du gouvernement congolais dans ces zones. Selon lui, les discussions engagées avec Kinshasa ont surtout comme objectif de faire reconnaître les revendications du M23 et à pousser le pouvoir en place à assumer ses responsabilités. Des propos qui montrent que malgré les efforts diplomatiques en cours, la crise est loin d’être conjuguée au passé.

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