Par MEDINA
Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé a exhorté les pays ayant fermé leurs frontières à reconsidérer ces mesures. Selon l’agence onusienne, ces interdictions nuisent gravement à l’efficacité de la riposte sanitaire sur le terrain.
Face à l’épidémie d’Ebola qui frappe l’Afrique centrale, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) privilégie la solidarité scientifique plutôt que l’isolement transfrontalier. Lors d’un point de presse conjoint animé ce samedi à Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a formellement invité les pays tiers à lever les mesures d’interdiction de voyage imposées aux ressortissants de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud.
Le chef de l’agence onusienne s’est positionné fermement contre les fermetures de frontières et le repli sécuritaire adoptés par plusieurs nations, estimant que ces décisions vont à l’encontre de la logique médicale requise pour endiguer la maladie.
L’argumentaire de l’OMS repose sur l’efficacité de la gestion de crise. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, le blocage des liaisons aériennes et terrestres ne résout rien, mais aggrave la situation épidémiologique. Ces interdictions compliquent l’acheminement des matériels de santé indispensables et freinent le déploiement rapide des équipes médicales d’urgence dans les zones touchées.
De plus, ces mesures de quarantaine géopolitique font peser un risque majeur sur la collecte de données. En sanctionnant économiquement et diplomatiquement les nations qui signalent des foyers de contamination, ces restrictions risquent de décourager la transparence. Pourtant, le partage d’informations fiables en temps réel demeure la clé de voûte pour anticiper la propagation du virus.
Au-delà des aspects logistiques, le Directeur général de l’OMS a insisté sur l’aspect humain et moral de la lutte contre Ebola. Il a rappelé que la confiance mutuelle entre les populations, les gouvernements et la communauté internationale est un levier « essentiel pour sauver des vies ».
Tout en exprimant sa gratitude envers les partenaires internationaux qui contribuent déjà activement aux efforts financiers et humains de la riposte sur le sol congolais, l’OMS exhorte le reste du monde à ne pas céder à la panique. Pour l’organisation, la défaite d’Ebola ne s’obtiendra pas par la stigmatisation des pays touchés, mais par un soutien technique coordonné et le maintien des flux humanitaires.












