Par Gédéon Antibu
Le pont Ituri 2, situé sur la route nationale numéro 44 reliant les territoires de Mambasa et de Beni dans la province de l’Ituri, s’est effondré le dimanche 7 juin dernier. Cet ouvrage avait été réhabilité et remis en service le 20 mars 2024 par l’Office des routes, à la suite de travaux destinés à rétablir un axe jugé vital pour la circulation et les activités économiques dans cette partie du pays. Deux ans seulement après cette réhabilitation, l’infrastructure a cédé à nouveau, provoquant une interruption totale du trafic sur cette route stratégique.
Selon les informations rapportées par la Nouvelle société civile congolaise du territoire de Mambasa, plusieurs alertes avaient déjà été lancées au sujet de l’état de ce pont dont l’état inquiétait déjà. Ces derniers dénonçaient notamment l’usage de matériaux anciens lors des travaux de réhabilitation de 2024, une situation qui aurait joué sur la durabilité de l’ouvrage. Malgré ces avertissements, aucune intervention n’a permis d’éviter ce nouvel effondrement, regrettent les forces vives.
La Nouvelle société civile congolaise (NSCC) regrette cet incident qui intervient dans un contexte sécuritaire déjà très difficile, marqué par la recrudescence des attaques ADF contre les populations civiles dans le territoire de Mambasa. Cette situation explose davantage les habitants, déjà confrontés à des déplacements forcés et à des difficultés d’accès aux services primaires pour leur survie.
L’effondrement du pont Ituri 2 isole temporairement le territoire de Mambasa (Ituri) de celui de Beni (Nord-Kivu) et perturbe les échanges commerciaux et l’approvisionnement en produits de première nécessité. Plusieurs sources locales craignent déjà une hausse des prix sur les marchés, ainsi qu’un ralentissement des activités économiques dans les zones qui dépendent de cet axe routier vital pour la région.
Pour les acteurs de la société civile, cette nouvelle interruption de trafic expose la légèreté dans dans la gestion des infrastructures publiques. Ils estiment que la réhabilitation de 2024 n’a pas répondu aux standards techniques requis pour un ouvrage de cette importance, au regard de l’utilisation de matériaux jugés inadaptés et d’une exécution insuffisamment rigoureuse des travaux.
Dans une réaction rendue publique, la Nouvelle société civile appelle les autorités compétentes à engager une reconstruction complète du pont Ituri 2, cette fois avec des matériaux modernes et durables capables de garantir la stabilité de l’ouvrage sur le long terme. Elle recommande également que les futurs travaux soient confiés à des entreprises spécialisées et expérimentées, afin d’éviter la répétition de ce type d’incident.
Au moment de la publication de ces informations, aucune communication officielle de l’Office des routes n’a encore été faite sur les causes précises de l’effondrement ni sur les mesures urgentes envisagées pour rétablir la circulation sur cet axe stratégique de la province de l’Ituri.













