RDC : l’épidémie d’Ebola en Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu aggrave une crise humanitaire déjà critique

RDC : l’épidémie d’Ebola en Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu aggrave une crise humanitaire déjà critique

Par Emmanuel Medina

La situation humanitaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) franchit un nouveau seuil d’alerte. Trente jours après la déclaration officielle d’une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le gouvernement dresse un bilan alarmant de l’impact socio-économique et sanitaire de la crise.

Lors d’un briefing presse organisé ce jeudi à Kinshasa, la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaïba, a tiré la sonnette d’alarme. Cette résurgence épidémique vient percuter de plein fouet une région déjà fragilisée par des années de conflits armés et d’insécurité chronique.

Avant même l’apparition des premiers cas d’Ebola, les clignotants humanitaires étaient au rouge pour l’année 2026. Selon la ministre d’État, les projections établies dès le mois de décembre 2025 faisaient état de plus de 15 millions de Congolais en situation de vulnérabilité extrême.

L’apparition du virus dans trois provinces stratégiques et densément peuplées de l’est du pays modifie radicalement la donne. « Nous estimons que l’épidémie d’Ebola constitue désormais une urgence humanitaire majeure qui n’avait pas été initialement prévue dans les projections », a reconnu Eve Bazaïba devant les médias.

Cette crise sanitaire aggrave la précarité des populations déplacées et complique l’accès aux services de base, transformant une réponse médicale sectorielle en un défi humanitaire global.

Face à l’urgence, les autorités congolaises affirment avoir réagi promptement. Le gouvernement, en synergie avec ses partenaires techniques et financiers, a mobilisé et déployé les ressources financières, logistiques et humaines nécessaires pour armer les équipes de riposte sur le terrain.

Anticipant les questions liées à la gestion des ressources en période de crise, Eve Bazaïba s’est montrée rassurante quant à la gouvernance des fonds alloués. Elle a insisté sur le fait que la traçabilité des financements ne souffrait d’aucune opacité.

« Les données relatives à ces financements sont publiques. Elles peuvent être consultées sur les plateformes de l’OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies). Je tenais à apporter cette clarification », a-t-elle martelé.

Pour le pouvoir central, la réponse à cette double crise sanitaire et humanitaire relève de la « solidarité nationale ». Le ministère des Affaires sociales a activé ses mécanismes d’intervention d’urgence pour soutenir les ménages touchés par les mesures de quarantaine, l’isolement des zones affectées et les perturbations économiques locales.

Trente jours après le début de la riposte, le défi reste immense. La réussite de l’endiguement de l’épidémie dépendra de la concomitance entre la prise en charge médicale des patients, le suivi rigoureux des contacts et l’assistance humanitaire continue aux millions de civils pris en étau dans cette partie du territoire national.

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