Par Emmanuel Medina
Ce mardi 23 juin 2026, la Cité de l’Union africaine à Kinshasa a servi de cadre à une rencontre au sommet entre le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, et son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye. À l’issue de leurs échanges en tête-à-tête, les deux chefs d’État ont animé un point de presse conjoint pour dévoiler les nouvelles orientations de leur partenariat. L’annonce majeure de cette rencontre est la convocation, en septembre prochain à Bujumbura, de la prochaine session de la Commission mixte permanente de coopération entre la RDC et le Burundi.
Cette future session ministérielle ne se limitera pas aux simples formalités diplomatiques. Les deux dirigeants ont clairement exprimé leur volonté politique de redynamiser les relations bilatérales à travers un agenda exhaustif. Les discussions de Bujumbura toucheront de nombreux secteurs stratégiques : politique, diplomatique, sécuritaire, économique, culturel, humanitaire et social.
Pour le Président Félix Tshisekedi, cette démarche vise à « donner une nouvelle impulsion » à des relations historiques. Face aux défis communs, notamment l’instabilité sécuritaire transfrontalière et la nécessité de relancer les économies post-crises, les deux pays s’engagent à aligner leurs visions politiques pour une stabilité durable dans la sous-région des Grands Lacs.
Le volet économique et commercial constitue le moteur principal de cette redynamisation. La Commission mixte de septembre 2026 aura la lourde tâche de traduire les ambitions des chefs d’État en mécanismes opérationnels. L’objectif est de structurer les échanges économiques qui, bien que denses de manière informelle aux frontières notamment entre le Sud-Kivu et le Burundi, manquent encore d’un encadrement officiel optimal.
« Cette session devra permettre d’approfondir davantage notre coopération économique et commerciale à travers la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel adapté, incluant notamment la création d’une Chambre de commerce conjointe », a précisé le chef de l’État congolais. Cet outil économique permettra de sécuriser les investissements transfrontaliers, de faciliter le commerce légal et d’offrir une plateforme formelle aux entrepreneurs des deux nations.
Bien que l’accent soit mis sur l’économie, les questions sécuritaires restent indissociables des discussions entre Kinshasa et Gitega. Le Burundi déploie déjà des troupes dans l’est de la RDC, que ce soit par le passé dans le cadre de la force régionale de l’EAC ou via des accords bilatéraux directs avec les FARDC pour lutter contre les groupes armés comme les RED-Tabara ou les FDLR. La réunion de septembre à Bujumbura offrira une opportunité d’évaluer l’efficacité de cette coopération militaire et de renforcer le partage de renseignements pour pacifier définitivement la frontière commune.
Cette relance de la Commission mixte permanente témoigne d’une convergence de vues renforcée entre Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye, affirmant leur rôle de partenaires clés pour l’intégration économique et la paix en Afrique centrale.













