Crise en RDC : Voici les obstacles qui empêchent la tenue d’un dialogue national

Crise en RDC : Voici les obstacles qui empêchent la tenue d’un dialogue national

Par Gédéon Antibu

Le projet de dialogue intercongolais initié sous la médiation de l’Angola n’aura peut-être plus lieu. En tout cas, pas si tôt. Alors que le président angolais João Lourenço avait été chargé de consulter les différentes forces politiques et sociales congolaises afin de favoriser un consensus national, plusieurs désaccords sont apparus entre Kinshasa et Luanda. Selon Jeune Afrique, ces divergences concernent aussi bien le format du dialogue que les participants appelés à y prendre part.

Dans sa proposition, la médiation angolaise envisageait un dialogue inclusif réunissant la majorité au pouvoir, l’opposition politique, certains groupes armés ainsi que la société civile. L’objectif était de parvenir à un pacte destiné à renforcer la paix, la stabilité politique et la réconciliation nationale. Les autorités angolaises estimaient qu’aucune solution réelle ne pouvait être trouvée sans la participation de toutes les parties impliquées dans la crise congolaise.

Cette idée a toutefois rencontré une farouche opposition du côté de Kinshasa. Le gouvernement congolais refuse notamment la participation de l’AFC/M23, un mouvement rebelle qu’il accuse d’être soutenu par le Rwanda. Les autorités congolaises rejettent également toute implication de l’ancien président Joseph Kabila dans ce processus. Pour le pouvoir en place, ces questions constituent des lignes rouges qui ne peuvent être franchies.

Les divergences portent aussi sur l’organisation même des discussions. Luanda souhaitait accueillir le dialogue en Angola sous la coordination de João Lourenço, tandis que Kinshasa insiste pour que l’initiative soit convoquée par le président Félix Tshisekedi et se déroule sur le territoire congolais. Ces différences sont celles qui ralentissen l’avancement du processus.

Face à la proposition angolaise, les autorités congolaises ont présenté une alternative. Elles suggèrent l’organisation d’états généraux de la refondation de l’État pour le salut de la patrie, un cadre qui serait dirigé par les Congolais eux-mêmes et qui examinerait les principaux défis du pays. Cette initiative réunirait plusieurs centaines de participants issus de différents secteurs de la société.

D’après Jeune Afrique, cette proposition n’a pas totalement convaincu la médiation angolaise. Plusieurs sources estiment que Luanda veut un dialogue plus large et plus inclusif. L’Angola redoute également que certaines réformes envisagées (notamment le changement de la constitution) dans le cadre de cette initiative ne provoquent de nouvelles tensions sur la scène politique congolaise.

Malgré ces difficultés, précise la même source, aucune des parties n’a officiellement abandonné le processus. Les discussions se poursuivent entre les différents acteurs afin de trouver une formule acceptable pour tous. Pour l’instant, cependant, les nombreux désaccords continuent d’empêcher la tenue d’un dialogue national capable de rassembler l’ensemble des sensibilités politiques du pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.