Par Emmanuel Medina
Le Trésor public de la République démocratique du Congo a décaissé irrégulièrement 381,35 milliards de francs congolais (CDF) entre 2024 et 2025. Selon le dernier rapport annuel de la Cour des comptes consulté par reporter.cd, ces fonds liés à des frais financiers ont été payés à 100 % sans aucun engagement budgétaire préalable. Cette pratique contourne gravement les mécanismes légaux de contrôle et fragilise la gouvernance financière du pays.
La Cour des comptes met en lumière une violation flagrante des lois financières de la RDC. Les auditeurs confirment que l’intégralité de cette somme a sauté l’étape cruciale de l’approbation budgétaire.
Zéro engagement préalable : Les fonds ont quitté le Trésor sans inscription comptable initiale, la chaîne de la dépense brisée ;les étapes d’engagement, de liquidation et d’ordonnancement ont été ignorées, la Période concernée ; les dérapages s’étalent sur les exercices budgétaires 2024 et 2025.
L’exécution de dépenses publiques en dehors des circuits légaux expose l’État congolais à de graves dérives macroéconomiques. Les experts redoutent des conséquences directes sur la stabilité du pays entre autre le risque élevé de dépassements budgétaires non maîtrisés,le risque d’accélération de l’inflation par des injections massives de liquidités et le signal négatif envoyé aux bailleurs de fonds internationaux FMI, Banque mondiale.
Face à la récurrence de ces pratiques dites de « procédure d’urgence », les institutions de contrôle exigent un retour strict à l’orthodoxie financière. La Cour des comptes insiste sur la nécessité de restaurer la discipline budgétaire.
Restaurer la chaîne de la dépense revient à interdire tout paiement non validé par le ministère du Budget, d’activer des poursuites administratives ou judiciaires contre les responsables des comptes et de digitaliser les circuits de paiement tout en renforçant l’interconnexion entre la Banque centrale, le Budget et les Finances.
Cette révélation accentue la pression sur le gouvernement congolais, appelé à prouver sa détermination réelle dans la lutte contre le coulage des recettes et la mauvaise gestion des deniers publics.













