Par Emmanuel Medina
Les autorités sanitaires congolaises accentuent la pression sur le terrain. Selon le dernier rapport de situation publié ce mercredi 24 juin 2026 par le gouvernement et l’Institut National de Santé Publique (INSP), le bilan de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la partie orientale de la République démocratique du Congo s’élève désormais à 1 118 cas confirmés au 23 juin 2026. Malgré un lourd bilan humain, le déploiement de la riposte affiche des signes de résilience.
La cartographie de l’épidémie montre une intensité disproportionnée selon les provinces, plaçant l’Ituri en première ligne de la crise sanitaire.
L’Ituri, épicentre de l’épidémie : La province compte actuellement 22 zones de santé touchées. Le virus circule de manière active dans des agglomérations clés et des zones de déplacement de populations, notamment à Aru, Bunia, Drodro, Komanda et Mongbwalu.
Le Nord-Kivu sous haute surveillance car les équipes médicales y surveillent 11 zones affectées, incluant de grands centres urbains et des carrefours commerciaux majeurs comme Beni, Goma et Butembo, où la densité de population exige une vigilance accrue.
À l’inverse, au Sud-Kivu les nouvelles sont rassurantes dans cette province. La transmission y est maîtrisée avec un cumul strict de 3 cas confirmés et 1 décès localisés dans la seule zone de santé de Miti-Murhesa. aucun nouveau cas n’a été notifié dans cette région depuis le 26 mai, matérialisant l’efficacité des barrières sanitaires locales.
Bien que le virus maintienne un taux de létalité global de 26%, les efforts des équipes médicales dans les Centres de traitement d’Ebola (CTE) portent leurs fruits. La journée du 23 juin a été marquée par la guérison de sept patients en Ituri.
Ces rémissions portent le cumul national à 122 personnes rétablies depuis le début de la déclaration de l’épidémie. À ce jour, la prise en charge médicale directe concerne 408 patients toujours maintenus en isolement ou hospitalisés, bénéficiant des protocoles de soins standardisés.
La stratégie de confinement de l’épidémie repose sur une détection précoce et un suivi rigoureux des chaînes de transmission. Le dispositif de surveillance a démontré sa réactivité en enregistrant 699 alertes sanitaires en seulement 24 heures à travers les trois provinces.
L’efficacité des investigateurs a permis d’analyser 695 de ces alertes, débouchant sur l’identification de 138 cas suspects immédiatement pris en charge pour des tests biologiques. Parallèlement, le traçage des contacts affiche un taux d’efficacité de 77,1% sur un répertoire global de 8 346 personnes contact. Si ce score témoigne d’un engagement sans faille des équipes mobiles, les autorités reconnaissent qu’une marge de progression reste nécessaire pour atteindre le seuil de sécurité optimale proche de 90%.
Face à un virus à haut potentiel de contagion, le gouvernement congolais et ses partenaires techniques rappellent que la collaboration communautaire demeure l’arme la plus efficace. Les barrières sanitaires, le lavage régulier des mains et le signalement immédiat des moindres signes cliniques fièvre brutale, saignements, grande fatigue sont essentiels.
Par ailleurs, les autorités rappellent à la population qu’un numéro vert, le 151, est accessible gratuitement pour signaler tout cas suspect ou obtenir des orientations médicales immédiates. La mobilisation doit rester générale pour briser définitivement la courbe de l’épidémie.













