Par Emmanuel Medina
L’Institut national de recherche biomédicale (INRB), a lancé ce mardi 14 juillet 2026 un essai clinique d’envergure baptisé EBO-PEP, pour évaluer l’efficacité d’un traitement préventif pour les personnes hautement exposées au virus Ebola.
D’après un communiqué conjoint de l’INRB, de l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) et de l’ONG ALIMA cet essai constitue la toute première étude clinique visant à évaluer une prophylaxie post-exposition (PEP) contre le virus Ebola Bundibugyo. L’objectif principal est de protéger les personnes ayant eu un contact direct avec un malade confirmé afin d’empêcher l’apparition des symptômes et de bloquer la transmission.
Cette innovation médicale répond à une urgence humanitaire. Selon les données de l’Institut national de santé publique (INSP), l’épidémie totalisait 1 759 cas et 600 décès en RDC et en Ouganda au 9 juillet 2026. En l’absence de vaccin ou de traitement homologué pour cette souche spécifique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l’évaluation rapide de nouvelles solutions thérapeutiques.
L’essai EBO-PEP repose sur l’administration de l’obeldesivir, un antiviral expérimental développé par le laboratoire américain Gilead Sciences. Administré par voie orale, ce médicament a déjà démontré des résultats précliniques très encourageants contre plusieurs filovirus, dont la souche Bundibugyo.
Sur le terrain, les premiers participants sont actuellement recrutés en Ituri, l’épicentre de l’épidémie. Des centres dédiés à la prophylaxie post-exposition ont été installés à proximité des centres de traitement d’Ebola à Bunia et à Rwampara. L’étude ambitionne d’inclure près de mille volontaires âgés de plus de douze ans, ayant été exposés directement au virus au cours des cinq jours précédents.
Les populations plus vulnérables font l’objet d’une prise en charge distincte. Les données scientifiques sur l’obeldesivir étant encore insuffisantes pour les enfants de moins de douze ans ainsi que pour les femmes enceintes ou allaitantes, un protocole spécifique a été mis en place. Ces catégories recevront du remdesivir à titre compassionnel.
Ce projet scientifique de grande ampleur bénéficie d’un solide appui financier et technique. L’Africa CDC apporte un financement direct d’un million de dollars, tandis qu’une enveloppe de cinq millions de dollars a été mobilisée conjointement par la RDC et l’Afrique du Sud pour encadrer les opérations.
Pour l’OMS, si les résultats de l’essai EBO-PEP s’avèrent concluants, cette approche préventive par voie orale deviendra un outil majeur pour contenir les épidémies, en complément du suivi des contacts et de la sensibilisation communautaire. Au-delà de la crise actuelle, ce projet ambitionne également de pérenniser les compétences en recherche clinique en Afrique afin de mieux anticiper les futures urgences sanitaires.













