RDC : le CSAC rend obligatoire un mandat écrit pour les intervenants politiques dans les médias

RDC : le CSAC rend obligatoire un mandat écrit pour les intervenants politiques dans les médias

Par Emmanuel Medina

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) durcit les règles d’accès aux médias. Réunie en assemblée plénière ce jeudi 16 juillet 2026, l’institution de régulation a adopté une directive imposant aux porte-parole, communicateurs et délégués de partis politiques, d’artistes ou d’organisations de présenter un mandat écrit officiel avant toute intervention radiophonique, télévisée ou numérique.

Cette directive fait suite aux préoccupations du régulateur face à la recrudescence des dérapages comportementaux et verbaux constatés ces derniers mois dans l’espace médiatique congolais.

Selon la cellule de communication de l’institution, les débats publics souffrent d’une multiplication d’infractions graves : injures, propos diffamatoires, discours de haine, accusations sans preuves tangibles et altercations physiques entre les invités en plein direct.

Pour le CSAC, l’obligation d’un document officiel de désignation vise à la fois à responsabiliser les structures émettrices et à mettre un terme aux usurpations de qualité sur les plateaux.

L’innovation majeure de cette directive réside dans le renforcement de la responsabilité éditoriale des entreprises de presse. Les directeurs de programmes et journalistes doivent désormais exiger et vérifier la validité du mandat d’un intervenant avant de lui accorder la parole à l’antenne.

Le CSAC rappelle que la liberté d’expression et le pluralisme, bien que garantis par la Constitution, restent soumis au respect de la loi et des droits d’autrui. En cas de dérive constatée lors d’une émission, la responsabilité juridique pourra être engagée à trois niveaux : le mandant ; le parti politique, l’artiste ou l’organisation d’origine, suivi du mandataire; le communicateur ou le représentant ayant tenu les propos et le média ou le diffuseur ;chaîne de télévision, station de radio ou média en ligne.

Le régulateur insiste sur le fait que cette réforme n’a pas pour objectif de restreindre la liberté de la presse ni d’étouffer la contradiction politique. L’objectif affiché est d’assainir l’espace public afin de favoriser un débat responsable, constructif et respectueux du vivre-ensemble.

Le CSAC invite l’ensemble des responsables de médias, éditeurs, professionnels de la communication et acteurs politiques à prendre connaissance de ces nouvelles dispositions réglementaires et à s’y conformer sans délai.

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