Par Emmanuel Medina
Le gouverneur militaire de l’Ituri, le Général-major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, tape du poing sur la table. Par une note officielle publiée le 25 juillet 2026, l’autorité provinciale a ordonné aux forces militaires, policières et administratives de démanteler sans délai toutes les barrières illégales érigées sur les principaux axes routiers. Cette décision radicale vise à éradiquer les postes de contrôle non autorisés, devenus le théâtre de rançonnements systématiques.
Depuis plusieurs années, les transporteurs et les populations locales subissent une multiplication étouffante de ces points de contrôle clandestins. Sur les axes stratégiques tels que Bunia-Kasenyi, Nyakunde, Komanda, Mahagi et Aru, le passage est devenu un gouffre financier. Des éléments des forces de l’ordre y imposent des paiements systématiques aux conducteurs de motos et de véhicules. Ces taxes illégitimes, oscillant entre 500 et 1 000 francs congolais, sont parfois exigées à des intervalles d’à peine cinq kilomètres. À Mahagi, cette réalité a récemment provoqué une vive réaction de la population. Des jeunes ont démantelé plusieurs barrières illégales avant d’être dispersés par la police. Dans la foulée, la société civile a organisé une journée « ville morte » afin de protester contre les rackets, entraînant la fermeture des commerces et une forte perturbation des activités de transport.
À la suite de cette mobilisation, le gouverneur militaire a ordonné la suppression des barrières illégales ainsi que l’ouverture d’enquêtes. Ces décisions ont permis la reprise des activités dans cette partie de la province. Vingt-quatre heures plus tard, la mesure a été étendue à l’ensemble de l’Ituri, avec pour mission confiée aux commandants militaires, aux administrateurs des territoires ainsi qu’au maire de Bunia d’en assurer l’application. Cette circulaire précise également que toute personne qui s’opposerait à cette décision ou continuerait à ériger des barrières illégales s’expose à des poursuites devant la justice militaire. Les autorités entendent ainsi renforcer le respect des instructions et mettre un terme aux pratiques de perception illégale sur les routes provinciales.
Notons que, cette asphyxie financière sur les routes freine gravement les activités économiques et alourdit les charges des commerçants. Dans une province déjà profondément fragilisée par un contexte sécuritaire instable, ces tracasseries routières ne faisaient qu’alimenter la colère et le désespoir de la population. En ordonnant la suppression de ces barrières, le gouvernement militaire affiche sa volonté d’alléger le quotidien des citoyens et de relancer la fluidité du commerce provincial. Le défi reste désormais l’application stricte et durable de cette mesure sur le terrain.













