La République démocratique du Congo a consacré près de 404,9 millions de dollars aux dépenses de de la Défense entre janvier et fin avril 2026. Durant la même période, le pays n’a remboursé que 71,3 millions de dollars sur les 298,5 millions qui étaient prévus pour la dette publique. Ces chiffres ressortent des états de suivi budgétaire de la Direction générale des politiques et programmation budgétaire du ministère du Budget.
Par Charles Muhindo
Dans le détail, le Trésor public a engagé 931,48 milliards de francs congolais, soit environ 404,9 millions de dollars, pour les dépenses liées à la Défense. Ce montant représente 34 % des 2 663,93 milliards de francs congolais prévus pour les 4 premiers mois de l’année. Sur cette enveloppe, 928,17 milliards de francs congolais ont été affectés aux dépenses militaires, tandis que 3,31 milliards de francs congolais ont servi à la recherche et au développement dans le domaine de la Défense.
Ces dépenses sont ainsi notées dans un contexte où la RDC continue de faire face à une crise sécuritaire dans sa partie orientale. Même si les combats ne sont plus très intenses sur certaines lignes de front ces derniers mois, les opérations militaires se poursuivent contre les rebelles du M23 et leurs alliés, notamment dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu où des affrontements ont été rudes ces derniers notamment à Minembwe. Les FARDC sont également engagées dans des opérations contre les ADF et plusieurs autres groupes armés dans le pays.
Cette situation exige donc des moyens conséquents. Au-delà des effectifs déployés sur le terrain, les opérations militaires nécessitent aujourd’hui des drones, des avions de combat, des équipements de surveillance ainsi qu’un personnel spécialisé pour les utiliser. Une partie de fonds accordés à la Défense sert ainsi à financer ces efforts qui sont capitaux dans les opérations en cours.
Toutefois, il est à mentionner que depuis plusieurs années, de nombreux acteurs dénoncent des détournements de fonds destinés à l’armée, estimant que les militaires engagés au front ne bénéficient pas toujours des moyens annoncés sur les médias. Félix Tshisekedi avait lui-même dénoncé une mafia dont l’objectif était de gonfler les effectifs des FARDC afin de permettre le détournement d’une partie des fonds débloqués pour la Défense.
Pour l’ensemble de l’année 2026, la loi de finances prévoit un budget de 7 991,79 milliards de francs congolais, soit environ 3,474 milliards de dollars, pour la Défense nationale. Ces fonds sont parmi les plus importants du budget de l’État, dans un contexte où la crise sécuritaire semble prendre le dessus sur d’autres besoins.
Mais, en même temps, les remboursements de la dette publique n’a pas tellement avancé. À la fin du mois d’avril, le Trésor public n’a remboursé que 71,355 millions de dollars sur les 298,5 millions de dollars prévus, soit un taux d’exécution de 23 %.
Les frais financiers liés à cette dette montrent également un faible niveau d’exécution. À la fin du mois d’avril, seulement 13,7 millions de dollars ot été payés sur des prévisions de 131,5 millions de dollars, ce qui représente un taux d’exécution de 10 %.
Pour toute l’année 2026, la loi de finances prévoit 895,6 millions de dollars pour le remboursement de la dette publique et 394,6 millions de dollars pour les frais financiers qui y sont liés. Au total, les engagements de la RDC dans ce domaine atteignent 1,290 milliard de dollars.
Alors que le pays avait réussi, au cours des années qui ont précédé, à réduire progressivement son endettement, la dette publique a de nouveau haussé. Les chiffres enregistrés à la fin d’avril montrent que le remboursement des échéances est en dessous des prévisions, alors qu’au même moment, le gouvernement doit continuer à financer la sécurité, le développement ainsi que d’autres services publics.













