Par Emmanuel Medina
Le climat politique se crispe en République démocratique du Congo. Quelques heures seulement après que la Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la Constitution la loi sur le référendum, la réplique de l’opposition ne s’est pas fait attendre. Réunie au sein de la Coalition Article 64 (C64), elle a vivement dénoncé cet arrêt et lancé un appel à une mobilisation nationale le 15 août prochain.
Portée par plusieurs figures de proue de la scène politique congolaise, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, la C64 ne mâche pas ses mots. Dans une déclaration officielle publiée ce mercredi, la coalition qualifie la décision de la Haute Cour de « nulle et non avenue ».
Pour ces leaders de l’opposition, la Cour constitutionnelle a franchi une ligne rouge. Ils accusent ouvertement la juridiction de s’être transformée en « caisse de résonance du pouvoir en place » et de se rendre « complice d’une criminelle entreprise de renversement de l’ordre constitutionnel ». Dans un communiqué au ton particulièrement offensif, l’alliance affirme que cet arrêt « cristallise la haute trahison » et ouvre la voie à « la balkanisation de la République ».
Au-delà de cette charge politique, la Coalition Article 64 s’attaque également aux fondements juridiques de la décision. Les opposants soulignent que les réserves d’interprétation formulées par la Cour constitutionnelle concernent plus du quart des articles de la loi référendaire. Selon la C64, cette proportion met en évidence les graves faiblesses techniques et juridiques du texte adopté par le Parlement. Loin de clarifier la situation, ces réserves créeraient, selon eux, une confusion généralisée au sein de l’opinion publique.
Cette bataille juridique et politique met en lumière deux visions irréconciliables de l’avenir institutionnel du pays. D’un côté, le gouvernement défend cette loi comme un outil démocratique permettant au peuple souverain de se prononcer directement sur les grandes orientations d’intérêt national. De l’autre, l’opposition y voit une manœuvre politique destinée à contourner les verrous constitutionnels afin d’imposer une révision de la Constitution, ouvrant ainsi la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Refusant ce qu’elle qualifie de personnalisation des institutions, la Coalition Article 64 entend désormais déplacer le débat des prétoires vers l’espace public. Elle a renouvelé son appel à une grande manifestation populaire le 15 août prochain. Cette journée de mobilisation concernera l’ensemble du territoire national ainsi que la diaspora et marquera le début d’une série d’actions destinées, selon la coalition, à faire barrage au projet de référendum.













