Par Emmanuel Medina
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de diversification économique. Une réunion technique de haute importance s’est tenue ce mardi à Kinshasa entre le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et les experts de l’Agence nationale pour la promotion des exportations (ANAPEX), sous la direction de leur directeur général, Mike Tambwe. L’objectif central est d’intensifier massivement la présence et le volume des produits agricoles et manufacturés congolais sur l’échiquier mondial.
Pour lever les barrières non tarifaires qui freinent encore le déploiement des produits congolais, une décision majeure est actée à l’issue des échanges; la mise en place immédiate d’une Task Force stratégique inter institutionnelle.
Cette équipe d’élite regroupera des experts issus de plusieurs portefeuilles clés à savoir : le ministère de l’agriculture, le ministère du développement rural, le ministère de l’industrie, le ministère du commerce extérieur, le ministère de l’environnement, l’Office congolais de contrôle (OCC) ainsi que d’autres services techniques spécialisés.
Cette cellule transversale aura pour mission exclusive d’harmoniser les normes, de standardiser la certification, d’élever les critères de qualité et de doper la compétitivité globale de l’offre exportable de la RDC.
Cette offensive vise à capitaliser de manière optimale sur les accords préférentiels et les opportunités de marchés déjà négociés par Kinshasa, mais encore sous-exploités, le marché chinois : la demande y est colossale, avec des quotas ouverts pour l’importation annuelle de 180 000 tonnes de piments secs et de 50 000 tonnes de cacao congolais, le marché britannique ; la RDC bénéficie d’un accès ultra-privilégié avec 99,8 % de ses produits exemptés de droits de douane et pour le marché des Émirats arabes unis ; les barrières douanières ont été levées pour près de 6 000 produits estampillés « Made in DRC ».
Par ailleurs, les discussions ont mis en avant la consolidation de la position de la RDC dans la filière mondiale du cacao. Cette dynamique est directement portée par la promulgation récente de la loi ratifiant l’Accord international sur le cacao, renforçant le poids institutionnel du pays face aux acheteurs mondiaux.
L’ANAPEX a soumis une série de recommandations pour contourner le durcissement des règles d’accès aux marchés occidentaux, en particulier l’union européenne. L’urgence est d’assurer la conformité stricte d’une large gamme de produits tels que le cacao, le café, l’huile de palme, le caoutchouc, le soja, du sésame, le bois et dérivés face au nouveau règlement européen contre la déforestation (RDUE), dont l’entrée en vigueur définitive est fixée pour janvier 2027
Pour s’aligner sur ces exigences écologiques, l’ANAPEX préconise le déploiement rapide d’un système moderne de traçabilité intégrale. Ce mécanisme reposera sur la géolocalisation systématique des parcelles et zones de production agricole. Cette transparence numérique permettra de garantir aux acheteurs internationaux que les produits du terroir congolais ne sont pas issus de zones déforestées, sécurisant ainsi leur labellisation et leur crédibilité sur les marchés mondiaux les plus exigeants.













