Un an après la signature de l’Accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, le taux de mise en œuvre reste encore trop bas. Le Baromètre des Accords de Paix en Afrique estime à seulement 35 % les engagements exécutés à la fin du mois de juillet 2026. Cela représente 105 points sur 300. La situation n’a pas changé par rapport au mois de juin, alors que l’accord signé le 27 juin 2025 sous l’égide des États-Unis est déjà entré dans sa 2e année. Sur les 30 tâches répertoriées dans le cadre de cet accord, 22 avaient atteint différents niveaux d’exécution avant la fin du mois de juin, mais aucune avancée n’a permis de faire évoluer le résultat global en juillet, selon le rapport.
Par Charles Muhindo
«Le mois de juillet, qui marque le début de la deuxième année de mise en œuvre de l’accord conclu le 27 juin 2025, s’est caractérisé par l’absence d’avancées significatives dans l’exécution des engagements prévus par l’Accord. Quelques développements limités ont certes été observés, mais ils sont demeurés insuffisants pour influer sur le score global de l’Accord. En conséquence, le taux de mise en œuvre à la fin du mois de juillet 2026 est demeuré inchangé par rapport à celui de la fin du mois de juin 2026, confirmant ainsi la stagnation du processus de mise en œuvre», mentionne le rapport.
La RDC présente un taux d’exécution de 31,7 %, contre 30,6 % pour le Rwanda. La communauté internationale, qui intervient notamment à travers les États-Unis, le Qatar, la médiation de l’Union africaine et les Nations unies, est à 53,5 %. Ces chiffres montrent que les engagements restent encore en souffrance. Il reste en effet 65 % du processus à mettre en œuvre pour atteindre une exécution complète de l’accord.
Les principaux blocages se trouvent surtout au niveau sécuritaire. La neutralisation des FDLR par la RDC et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais restent les 2 dossiers les plus difficiles à mettre en œuvre. Kigali conditionne toujours le désengagement de ses forces avancées par la neutralisation des FDLR. Kinshasa, de son côté, fait face à des difficultés pour intervenir dans les zones où la présence de ce groupe est encore signalée.
Selon les éléments avancés par les autorités congolaises, 6 zones sont aujourd’hui considérées comme ayant encore des éléments résiduels des FDLR. 5 de ces zones se trouvent sous contrôle de l’AFC-M23, alors qu’une seule est sous contrôle des autorités congolaises. Cette situation complique les opérations de neutralisation des FDLR puisque Kinshasa ne contrôle pas la majorité des espaces concernés. Elle rend également plus difficile l’application de l’engagement qui doit, selon Kigali, ouvrir la voie au retrait des forces rwandaises.
Le gouvernement congolais a toutefois annoncé récemment une nouvelle démarche sur la question des FDLR. Le groupe a accepté un protocole sur son désarmement, sa démobilisation et son cantonnement, avec comme objectif sa dissolution et le retour de ses combattants au Rwanda. Si elle aboutit, cette démarche permettra à Kinshasa de faire avancer l’un des engagements prévus dans l’Accord de Washington. Mais son application concrète reste une mer à boire.
«La stabilité des indicateurs entre la fin du mois de juin et celle de juillet 2026 laisse craindre l’ouverture d’une nouvelle phase de stagnation dans la mise en œuvre de l’Accord, à l’instar de celle observée entre décembre 2025 et février 2026. En effet, plusieurs défis déjà mis en évidence dans le Rapport annuel du Baromètre n’ont connu que peu, voire aucune évolution significative au cours de la période allant du 1er au 31 juillet 2026. Sur certains aspects, les divergences d’interprétation et les positions des parties se sont même accentuées, notamment en ce qui concerne le calendrier de retrait des mesures défensives rwandaises, ainsi que les modalités de neutralisation des FDLR», écrit le Baromètre.
Pour le Baromètre, le risque est donc de voir le processus de paix continuer d’être bloqué. Les discussions se poursuivent pourtant entre les différentes parties et les appels à respecter les engagements de Washington se multiplient. Mais tant que Kinshasa et Kigali ne parviendront pas à s’entendre sur les FDLR et le retrait des forces rwandaises, la mise en œuvre de l’accord restera difficile. Une année après sa signature, le score de 35 % montre ainsi que la plus grande partie du travail reste encore à accomplir pour que les engagements de Washington puissent produire les résultats attendus sur le terrain.













