Par Emmanuel Medina
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé la libération de quinze détenus dans le cadre du Mécanisme de libération des prisonniers prévu par le processus de Doha. Par cette action, Kinshasa affirme sa bonne foi mais conditionne la suite des négociations à l’application stricte du cessez-le-feu par les autres parties, notamment le Rwanda et la coalition AFC/M23.
Dans un communiqué officiel publié le vendredi 7 août 2026 consulté par REPORTER.CD, les autorités congolaises ont confirmé la mise en liberté de quinze personnes. Cette opération est menée à bien grâce à la facilitation logistique et humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Pour l’exécutif congolais, cette mesure constitue la traduction concrète de ses engagements diplomatiques. Elle vise à démontrer la détermination de Kinshasa à faire progresser le processus de Doha, initié pour rétablir la stabilité dans la région de l’est de la RDC.
Le gouvernement congolais a toutefois précisé que cet acte humanitaire ne devait pas rester unilatéral. Kinshasa insiste sur le fait que la crédibilité globale du processus de paix dépend désormais des actions concrètes des autres parties prenantes.
Les autorités de la RDC réclament en priorité l’application immédiate et effective du cessez-le-feu de la part des groupes armés et des forces étrangères, la mise en œuvre des mesures de confiance mutuelles préalablement convenues lors des sessions de négociations et l’opérationnalisation urgente du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), un dispositif technique indispensable pour documenter de manière indépendante les incidents sécuritaires sur le terrain.
Malgré les avancées diplomatiques observées à Doha, Kinshasa déplore la persistance des hostilités dans les provinces de l’Est. Le communiqué congolais dénonce explicitement les violations répétées du cessez-le-feu attribuées au Rwanda et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).
Selon le gouvernement, ces actions hostiles continues constituent le principal obstacle à la matérialisation des accords de paix et menacent de paralyser l’ensemble des efforts régionaux.
Pour le pouvoir congolais, la libération de ces quinze prisonniers n’est qu’une étape intermédiaire. Les perspectives à long terme restent conditionnées par le respect des règles de souveraineté et d’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Le respect mutuel des engagements actuels doit permettre, selon Kinshasa, d’ouvrir la voie aux discussions cruciales sur les six protocoles thématiques encore en suspens. L’aboutissement de ces négociations reste l’unique trajectoire menant vers la signature d’un accord de paix global, définitif et durable.













